Le Scorpion masqué présente La course des étoiles
C’est de son sous-sol que Christian Lemay édite des jeux de société, et ce, depuis 2006. L’entrepreneur ahuntsicois y dirige toutes les étapes de production : conception, rédaction des règles, illustration, distribution et promotion. « C’est un long processus puisqu’il faut tester le jeu, valider les règles, encadrer le travail de l’illustrateur, déterminer le format et planifier la mise en marché », précise M. Lemay qui vise une moyenne de trois parutions par année. Les efforts de ce passionné semblent toutefois portés fruits puisque la qualité des produits du Scorpion masqué permet à M. Lemay de vivre de sa passion depuis quatre ans. « C’est incroyable quand on pense que nous ne sommes même pas dix à éditer des jeux de société au Québec », note-t-il.
Le marché du jeu au Québec en est un très compétitif, c’est pourquoi les produits du Scorpion masqué se doivent d’être nichés : « Je fais dans le jeu d’ambiance ou de party, je cherche donc des concepts permettant de rigoler entre amis sans avoir à assimiler plusieurs pages de règlements » indique M. Lemay. C’est d’après ce cadre que ses jeux sont pensés : ils doivent être courts, simples, amusants, se jouer à deux comme à plusieurs et être relativement peu coûteux, d’ailleurs M. Lemay ne s’en cache pas : « je veux que mes produits soient des achats impulsifs », mentionne-t-il. La présentation des produits témoigne d’ailleurs de cette ligne éditoriale.
Les jeux proposés par Le Scorpion masqué viennent dans de petites boîtes colorées évoquant dès le premier regard leur aspect ludique. C’est le cas de Switch, paru à la fin de 2011. En un simple coup d’œil, on comprend les règles du jeu : un personnage passe au tordeur une bannière affichant l’expression « tourtière japonaise », tandis que de l’autre côté on découvre l’expression « pâté chinois ». Il s’agit donc d’un jeu d’association. Il est à prévoir que ces devinettes tordues ont le potentiel d’agrémenter une fête, quelle qu’elle soit, de sa dose de fous rires!
Un entrepreneur passionné
Titulaire d’une maîtrise en création et poésie, M. Lemay avoue qu’il a toujours été friand de jeux de société. Après ses études, en 2003, il a enseigné dans des cégeps, dont au collège André Grasset jusqu’à ce qu’en 2005, il décide de relever le défi d’éditer son premier jeu. Résultat? L’année suivante Le Scorpion masqué est fondé sur une boutade et sort J’te gage que, le premier titre de M. Lemay écoulé aujourd’hui à plus de 60 000 exemplaires, un franc succès pour le marché québécois. En 2008, l’entrepreneur a cessé de donner des charges de cours au cégep pour se dédier à temps plein à sa passion qui finalement reste dans le domaine de la création.
Une gamme pour les jeunes
Le douzième jeu de la collection du Scorpion masqué est paru le mois dernier dans la collection gentiment surnommée « les ptits monstres », clin d’œil évident à l’énergie débordante de certains enfants. La course des étoiles est une épopée intergalactique dans laquelle les jeunes de 7 ans et plus doivent diriger des extra-terrestres vers une nouvelle planète, la leur étant amenée à disparaître puisqu’une nébuleuse menace d’engloutir le système solaire. Mais attention, vaut mieux ne pas arriver en premier si vous voulez remporter la partie, les règlements de ce parcours spatial étant bien atypiques tout en restant simples et drôles.
Le premier jeu de cette collection jeunesse, La chasse aux monstres, a d’ailleurs fait son entrée sur le marché des applications mobiles cette semaine, annonce l’entrepreneur. Est-ce la prochaine étape à franchir pour le Scorpion masqué? « C’est difficile à prévoir, analyse M. Lemay. Le développement d’une application coûte très cher pour ce qu’elle rapporte et en plus, je me sens bien étranger à toute cette programmation », conclut-il en riant. Notons que le calendrier 2013 de M. Lemay est déjà bien garni avec quatre productions projetées. Gageons que ce jeune ahuntsicois n’a pas fini d’étonner!