Kaléidoscope ou une nouvelle image de la musique classique
Le 14 octobre prochain à l’Église St-André-Apôtre, Kaléidoscope organisera sa traditionnelle journée de mentorat avec séances de lectures à vue et de familiarisation aux performances en orchestre à cordes. Peu importe le calibre des musiciens, les violonistes, contrebassistes, alto et violoncellistes sont invités à cette journée spéciale ou des musiciens professionnels guideront les amateurs dans la maîtrise de leurs instruments. La journée d’atelier se terminant par un concert devant public. « Nous avons conçu ce type d’activités pour les musiciens amateurs qui ont une vie trop active pour se permettre de suivre des cours une fois par semaine, en plus de toute la pratique que cela implique » explique le président de Kaléidoscope.
François Dubé complète: « c’est vraiment valorisant pour les musiciens aussi, on a tendance à l’oublier, mais la vie d’artiste classique n’a rien de bien glamour. C’est important de créer ce genre de ponts et personnellement, j’en retire beaucoup de satisfaction à la fin de la journée, j’ai l’impression d’avoir fait partie de quelque chose, les gens le sentiront aussi, peu importe leur progression ou leur contribution à l’orchestre ».
C’est que jouer en orchestre a quelque chose de rassurant, c’est un filet de sécurité pour les musiciens moins en confiance. « Je me souviens d’une dame qui a participé à une de nos activités, elle était inquiète de jouer avec des professionnelles et devant un public. Elle n’a joué que quatre notes durant tout le concert, quatre notes justes, au moment où elle était prête, le restant du temps se laissant porter par la musique », se remémore le chanteur.
Une approche ludique
François Dubé, qui est d’ailleurs doté d’un sens de l’humour aiguisé, est conscient que la musique classique, malgré sa grande beauté, a un caractère austère. En brisant ce décorum poussiéreux par des anecdotes sur les compositeurs ou encore, en racontant l’histoire de la musique sans suivre la ligne du temps, mais en guidant l’auditeur dans le répertoire en fonction de ses goûts, le diplômé du conservatoire entend amener le mélomane à une écoute différente, plus ouverte.
Selon M. Dubé, le meilleur exemple des clichés du classique c’est l’opéra. Il explique en blaguant: la soprano aime le ténor, mais la soprano meurt à la fin. Toutefois, l’artiste n’en démord pas, il y a tout de même davantage de choses à dire sur l’opéra que ces conventions d’une autre époque: « il existe des opéras avec des mises en scène audacieuses, très modernes », confirme-t-il, lui qui chante d’ailleurs de le chœur de l’opéra de Montréal.
Pourquoi avoir fondé Kaléidoscope dans Ahuntsic? La réponse de M. Dubé est simple: « Au moment de lancer le projet, je chantais déjà dans l’arrondissement en plus de m’y impliquer au communautaire. Aussi, outre la maison de la culture, il y a peu d’organismes à vocation culturelle ici. C’est un quartier à majorité résidentielle, alors dans l’optique d’amener les gens à l’activité, nous nous sommes installés près d’eux: pas besoin d’aller sur le Plateau pour jouer de son instrument. »
L’atelier de lecture musicale aura lieu le 14 octobre à l’Église St-André-Apôtre (215 rue Prieur Ouest) de 14 h à 17 h 30, suivi d’un concert à 19 h 30. Pour toutes les activités de Kaléidoscope veuillez consulter le: http://www.productionskaleidoscope.org