Des trottoirs demandés sur un site patrimonial
Des citoyens ont profité de la présentation du plan de conservation du site naturel et historique du Bois-de-Saraguay pour rappeler leurs demandes maintes fois formulées pour la construction de trottoirs sur le boulevard Gouin qui traverse ce site.
La rencontre, tenue le 28 octobre, au collège Sainte-Marcelline, était organisée par le Conseil du patrimoine culturel du Québec (CPCQ) et était destinée à préparer les intervenants qui voudront présenter des mémoires, le 25 novembre, pour enrichir le plan de conservation du site.
Les piétons, notamment les élèves du collège Sainte-Marcelline et les personnes âgées de la résidence l’Amitié, doivent partager le boulevard Gouin avec les automobiles. La demande pour des trottoirs dans cette zone est sur le bureau de la Ville depuis des années.
«Les élèves ne peuvent pas se rendre à l’école à pied ou à vélo, a expliqué Marc Duhamel, au nom de l’association des parents d’élèves de l’école Sainte-Marcelline. Nos enfants sont à risque à l’arrêt de bus parce qu’il n’y a pas de trottoir qui empêcherait l’autobus de glisser.»
Devant le comité d’audition du CPCQ, il a rappelé que la demande n’est pas nouvelle et il a souligné que celle-ci a été souvent refusée, au prétexte que le boulevard traverse un site patrimonial.
«On nous a dit qu’on ne peut pas remuer une pierre sans que le ministère de la Culture n’ait son mot à dire, a plaidé M. Duhamel. Imaginez comment nous sommes reçus quand on demande un demi-kilomètre de trottoirs.»
Pas que le patrimoine
Pour Harout Chitilian, conseiller de Bordeaux-Cartierville, en entrevue avec TC Media, le dossier est suivi de près. S’il admet que l’existence du boulevard au sein d’un site patrimonial est une raison qui peut être évoquée, il observe qu’elle n’est pas la seule.
«La largeur du boulevard ne permet pas de créer une voie centrale avec des trottoirs de deux mètres de largeur de part et d’autre», explique-t-il. Il souligne que la route elle-même n’a pas la même largeur partout.
Yves Lefebvre, président du CPCQ, a encouragé M. Duhamel à présenter un mémoire en ce sens, le 25 novembre. «Nous ne voulons pas mettre une cloche de verre sur les sites patrimoniaux, a assuré pour sa part Sylvain Lizotte, représentant du ministère de la Culture. Nous voulons faire vivre ces sites et les rendre accessibles aux citoyens. Il est important de tenir compte de leurs besoins.»
M. Chitilian soutient qu’avec le temps, on finira par réaliser ces trottoirs. «On a attendu longtemps les trottoirs sur Laurentien, mais on les a obtenu au bout du compte», dit-il.
Le manoir Mc Dougall n’est pas dans le site classé
Surprise lors de la présentation du plan de conservation du site patrimonial déclaré du Bois-de-Saraguay. Sur la carte présentée par le Conseil du patrimoine culturel du Québec, le manoir Mc Dougall, dit maison Mary-Dorothy-Molson, est hors du site classé. Cette demeure bourgeoise de style néogéorgien a été utilisée dans des décors de films.
La seule bâtisse classée qui demeure dans le périmètre du site est la maison du chauffeur de l’ancien domaine Ogilvie. Le pont situé sur le domaine doit également être préservé.