Une certification «Établissement des familles» se dessine à Mercier
Plusieurs mères de famille se sont retrouvées au Chez-nous de Mercier-Est, mercredi, 17 février, pour lancer la première étape de la création d’une certification «Établissement des familles». Cette certification attestera que les établissements ont reconnu les besoins des familles et qu’ils ont mis en place des mesures pour faciliter leur accueil.
«La création d’une certification « Établissement des familles » a été nommée comme priorité du quartier lors de la dernière concertation enfance-famille. Il y a un pont à créer entre les familles et les commerçants», justifie Mai Tran, agente de mobilisation à la table de concertation solidaire de Mercier-Est, qui s’est associée à son homologue de Mercier-Ouest pour ce projet.
«Nous ne savons pas encore comment elle sera ensuite matérialisée, mais il est évident qu’une liste de commerces certifiés sera publiée».
Le but de la réunion à laquelle quinze mères de famille ont participé, était d’identifier les besoins et d’exprimer une série de critères pour mettre en place cette certification.
Anna-Laurie, maman de deux enfants. «Je sors beaucoup avec eux et c’est toujours une grosse préparation. Juste pour aller aux toilettes, c’est compliqué, car il y a rarement des sièges adaptés», témoigne-t-elle.
Toutes les requêtes ont été couchées sur le papier et seront transmises aux commerçants et organismes.
Parmi elle, un meilleur accès au métro pour les parents et leur poussette, des stationnements réservés, l’allaitement sans obligation d’achat, ou encore l’installation de portes automatiques.
Des établissements arrangeants
Chez les commerçants interrogés par TC Media, il semble y avoir une ouverture. «Cela ne me pose pas de problème qu’une femme allaite son enfant à table. On est en 2016 quand même !», assure John Christopoulos, patron du Coq au bec.
«Si c’est un autre client qui fait part de son mécontentement, je lui expliquerai que c’est naturel d’allaiter son enfant», promet Serge Bernier, patron de Chez mon copain.
Dans certains établissements, des installations adaptées aux besoins des familles existent déjà. C’est le cas de la bibliothèque Mercier qui offre une rampe d’accès et des tables à langer. «Nous avons même un espace avec des chaises berçantes et sur demande, nous pouvons installer ponctuellement un panneau pour qu’une maman allaite encore plus discrètement son enfant», ajoute Sylvie Alix, responsable.
Au Up Café, il y a une table à langer, une salle de jeux et un espace en retrait pour les femmes qui veulent allaiter tranquillement.
Les autres évoquent des problèmes logistiques. «Nous disposons de 600 pi2, c’est très peu. Cela me semble difficile de faire installer une table à langer dans nos toilettes», explique Francis Rivard, propriétaire de La dinette Montréal-Est. Même son de cloche chez Dominic sous-marins ou au Coq au bec.
Mai Tran rassure: «Le but n’est pas de leur imposer quoi que ce soit. Évidemment, le choix final des critères de sélection tiendra compte de leur faisabilité. Les établissements pourront choisir dans cette liste de critères».
Une telle certification existe déjà dans d’autres secteurs comme celui de Rosemont ou d’Hochelaga. La table de concertation prévoit son lancement en juin 2016.