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Des commerçants s’allient pour redonner du lustre au chemin Queen-Mary

Carolina Ionel, membre fondatrice de l'association de marchand·es de Queen-Mary et propriétaire de VIP Couture. Photo: Nicolas Monet/Métro

Espérant redonner du lustre au chemin Queen-Mary, les commerçants de l’artère commerciale de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce unissent leur voix en se dotant d’une association.

Carolina Ionel, membre fondatrice de l’association de marchands, a pignon sur Queen-Mary depuis quatre ans. Sa boutique, VIP Couture, vend des vêtements de collection européenne et offre des services de beauté. Le magasin roule au ralenti «depuis un petit bout», reconnaît-elle. La demande pour les robes de soirée et les services de beauté a diminué depuis la pandémie et, en raison de l’inflation, les priorités de ses clientes ont changé.

Se disant «très inquiète» pour la survie de son commerce, et appréhendant une hausse de taxes et de loyer, elle compte sur la redynamisation de Queen-Mary pour se sortir la tête de l’eau. Braderies, animation sur rue, décoration et fleurs: Carolina Ionel suggère divers projets potentiels de l’association pour attirer davantage de clients et de commerçants.

«Il y a un potentiel sur Queen-Mary», croit la commerçante, soulignant que le quartier est densément peuplé et que la station de métro Snowdon se trouve à proximité.

S’étendant de la rue Lemieux à l’avenue Clanranald, le tronçon de Queen-Mary couvert par l’association compte environ 130 commerces. Pour l’instant, seuls 15 d’entre eux sont officiellement membres. Carolina Ionel s’attend toutefois à voir ce nombre augmenter rapidement. «Chaque fois qu’on se rencontre, il y a de plus en plus de monde», note-t-elle.

La grande majorité des commerçants rencontrés par Métro voient d’un œil favorable la création d’une association, ou du moins n’y voient pas d’inconvénients. Le manque de stationnement, la hausse des taxes municipales ou des loyers de même que les enjeux de propreté sont sur toutes les lèvres.

Le chemin Queen-Mary, dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Nicolas Monet/Métro

La préservation du stationnement, une étincelle

L’idée d’une association de marchands sur Queen-Mary a pris du galon l’été dernier. La perte de places de stationnement découlant de la mise en place d’une voie réservée aux autobus aux heures de pointe a causé un grand mécontentement.

«Nous avons interpelé la Ville de Montréal et l’Arrondissement, mais ils ne sont pas à l’écoute des contribuables sur la rue», déplore la propriétaire de la librairie Bibliophile, Sandra Climan.

Dans la foulée de cette insatisfaction, les commerçants ont commencé à se rencontrer ponctuellement pour discuter de leurs enjeux communs. De fil en aiguille, ils ont décidé de constituer une association en bonne et due forme, avec l’aide d’un commissaire au développement économique de l’Arrondissement, Pierre Boudreau.

On est différents marchands, dans différentes catégories de services, mais on a tous les mêmes problèmes.

Carolina Ionel, propriétaire de VIP Couture et membre fondatrice de l’association de marchands de Queen-Mary

Sandra Climan, qui s’est installée sur Queen-Mary il y a 43 ans, est également d’avis que la propreté du secteur devrait faire l’objet d’efforts accrus. «Il y a des ordures partout. Il n’y a plus de sens de la communauté dans cette rue.»

La commerçante, très favorable à l’association, estime que l’union des forces des commerçants redonnera un peu d’amour à Queen-Mary, pour «la rendre aussi dynamique que [l’avenue de] Monkland, comme c’était le cas autrefois».

Sandra Climan, propriétaire de la librairie anglophone Bibliophile. Nicolas Monet/Métro.

Davantage de financement de l’Arrondissement

La création d’une association de marchands sur Queen-Mary est une très bonne nouvelle pour la dynamisation de l’artère commerciale, selon la mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG), Gracia Kasoki Katahwa. «On va avoir un partenaire qui va parler d’une voix plus cohérente», souligne-t-elle. La mairesse défend les relations entre son administration et les commerçants, soulignant l’apport des commissaires au développement économique.

Les commerçants de Queen-Mary seront admissibles à la nouvelle politique pour le financement des associations de marchands, adoptée par l’Arrondissement en avril dernier. L’association bénéficiera d’un financement fixe de 30 000$ par année, en plus de pouvoir jouir de fonds additionnels en soumettant des projets particuliers.

CDN-NDG espère ainsi jouer un rôle de «facilitateur», mais «l’impulsion doit venir des marchands», explique la mairesse Katahwa. Notons que l’Arrondissement répètera en 2023 diverses initiatives mises en place sur Queen-Mary en 2022, dont les «escouades propreté», l’aménagement de mobilier et l’illumination pendant l’hiver.

L’élue veut éviter la comparaison entre Queen-Mary et Monkland, les commerces des deux artères étant bien différents.

Le but, c’est que Queen-Mary développe un dynamisme et une identité propre.

Gracia Kasoki Katahwa, mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce

Par ailleurs, Mme Katahwa rejette l’idée que la création de l’association soit liée aux tensions entourant la voie réservée pour les autobus. «C’est un des premiers dossiers que j’ai mis en branle comme mairesse, bien avant la voie réservée, plaide-t-elle. On en parlait aux marchands, et on voyait l’intérêt bien avant ça.»

La librairie anglophone Bibliophile est installée sur Queen-Mary depuis 43 ans. Nicolas Monet/Métro.

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