Les bienfaits du jardinage en groupe

Les bienfaits du jardinage en groupe
Photo: Archives

La popularité croissante de l’agriculture en ville se fait sentir jusque dans les jardins communautaires, qui d’année en année peinent à répondre à la demande dans Hochelaga – Maisonneuve et poussent certains à chercher des alternatives ailleurs.

Les citoyens doivent patienter de plus en plus longtemps pour accéder à un lot cultivable en milieu urbain, selon les données fournies par l’administration municipale. En 2016, il y avait 220 personnes inscrites sur une liste d’attente pour le Jardin Hochelaga et 461 pour le Jardin Maisonneuve. Cette année ces chiffres ont grimpé à 293 et à 581 respectivement pour ces jardins communautaires.

Pourtant, à eux deux, ces espaces représentent 275 jardinets ou bacs et on recense une dizaine de jardins communautaires gérés par l’Arrondissement. L’Écoquartier de Mercier – Hochelaga – Maisonneuve tient aussi deux endroits cultivables

« Puisque la demande est grandissante et les besoins importants, l’Arrondissement souhaite réfléchir à créer de nouveaux lieux et manières de permettre aux citoyens de jardiner sur l’espace public », informe Audrey Andrade Garcia, chargée de communication à l’Arrondissement.

Les alternatives
Même s’il est permis de n’avoir qu’un seul jardin par adresse civique et qu’il est facile de renouveler son abonnement annuellement, les résidents auraient peut-être avantage à se tourner vers d’autres options, selon des experts.

« Partager le domaine public peut être une solution. Les saillies de trottoir et les parcs sont des exemples de lieux très sous-utilisés qui pourraient offrir un endroit pour cultiver en ville », insiste Éric Duchemin, président du Laboratoire d’agriculture urbaine de Montréal (AU/Lab).

Le programme « Faites comme chez vous » chapeauté par l’Écoquartier et l’Arrondissement de Rosemont – La Petite-Patrie est le type d’initiative qui pourrait répondre à la demande ailleurs à Montréal, selon celui-ci. L’idée permet de verdir des carrés d’arbres, des jardins de rue, des ruelles ou des saillies de trottoir.

Par ailleurs, le format de jardin communautaire est contraignant, manque parfois d’efficacité et peut donner lieu à du gaspillage dans certaines circonstances, indique M. Duchemin.

Ce dernier contraste la formule avec celle des jardins collectifs, dans lesquels l’ensemble des participants partagent tous une grande parcelle et le fruit de leur récolte.

« En termes de sécurité alimentaire c’est mieux, parce que les gens sont pour la plupart aidé par un expert qui les guide. Souvent dans les jardins communautaires on voit des débutants ensemencer quatre plants d’aubergine, sans savoir qu’à la fin de la saison ça en fait beaucoup à ramasser. Ça fait en sorte que ça se trouve parfois dans les poubelles », affirme M. Duchemin.

Au YMCA d’Hochelaga, on a décidé de transformer une cour arrière en un de ces jardins collectifs depuis les huit dernières années.

En plus de participer deux fois par semaine aux corvées d’entretien, les membres s’en servent comme espace de pique-nique et pour faire des barbecues.

« Les gens y prennent part pour socialiser en plus de jardiner entre eux. Tout ce qui est récolté est partagé entre les membres et les surplus sont donnés dans des paniers à la réception du centre », indique Jonathan Alarie, intervenant communautaire du YMCA Hochelaga.

Enfin, M. Duchemin croit que les résidents pourraient se tourner vers les institutions publiques ou leur employeur pour lancer des initiatives d’agriculture urbaine.

« Ce qui est bien avec les jardins collectifs, c’est que ça peut se faire sur divers terrains. On en voit pousser à côté d’églises, dans des cours d’école et chez des entreprises, qui aménagent des petits espaces, parfois même des toits verts. C’est le cas du groupe Aldo et du Centre Phi à Montréal », indique le président du AU/Lab.