Hochelaga-Maisonneuve
18:25 5 mai 2020 | mise à jour le: 5 mai 2020 à 22:19 temps de lecture: 4 minutes

Coronavirus : hausse des cas et des décès dans MHM

Coronavirus : hausse des cas et des décès dans MHM
Photo: Josie Desmarais/Métro

Le nombre de cas de coronavirus augmente rapidement dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Cette hausse serait liée au fait que plusieurs populations vulnérables habitent dans les différents quartiers de l’arrondissement.

La propagation du virus semble se confirmer de plus en plus dans MHM qui se situe en haut de la moyenne montréalaise.

Selon le bilan mis à jour aujourd’hui, il y a maintenant 1 226 personnes infectées demeurant dans le secteur. C’est une hausse de 12% depuis le premier mai.

Ces chiffres s’apparentent à ceux de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles qui est rapidement devenue l’une des zones chaudes de la métropole.

En date du 4 mai, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve compte 140 décès des suites de la Covid-19. Seuls Côte-des-Neiges – Notre-Dame-de-Grâce et Ahuntsic-Cartierville comptent plus de morts dû à la maladie.

Avec 102,9 morts par 100 000 habitants, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve se situe au-dessus de la moyenne montréalaise de 72 morts par 100 000 habitants.

Défavorisation

À la Table de quartier d’Hochelaga-Maisonneuve, c’est la situation des populations itinérantes qui sème l’inquiétude.

«Le système de santé essaie de répondre le plus efficacement possible. Mais les personnes itinérantes et les toxicomanes ont souvent un système immunitaire plus vulnérable que dans le reste de la population», signale le directeur général de la Table, Michel Roy.

M. Roy évoque même un «désert sanitaire» dans Hochelaga-Maisonneuve. «Il y a un manque de médecins dans le quartier depuis de nombreuses années», constate-t-il.

Aux dernières nouvelles, les cinq arrondissements les plus touchés par le coronavirus étaient Montréal-Nord, Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Ahuntsic–Cartierville, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. En 2015, dans ces cinq arrondissements, le revenu total par ménage était d’environ 60 681$ soit 9000$ de moins que la moyenne montréalaise.

Vieillissement

Selon la responsable des communications à la table de quartier Solidarité Mercier-Est, Marie-Luce Pelletier-Legros, il est difficile de cerner où se concentrent les cas sans donnée ventilée pour chaque quartier.

Toutefois, elle précise que l’âge moyen des habitants de Mercier-Est est de 41,6 ans et que les 45 à 65 ans forment le tiers de la population du quartier. «Comme la population est plus vieillissante dans Mercier, les gens sont déjà plus vulnérables à la maladie [à coronavirus]», pense Mme Pelletier-Legros.

De plus, Mercier-Est compte deux CHSLD, des établissements où la situation est «assez hors de contrôle», ajoute-t-elle.

Respect des consignes

De son côté, le maire de l’arrondissement, Pierre Lessard-Blais, ne sait pas ce qui pourrait expliquer cette «légère hausse».

Cependant, il affirme que le non-respect des consignes n’est pas en cause. «Tout indique que les citoyens, les organismes communautaires et commerces continuent d’être aussi rigoureux qu’au début de la crise, voire davantage, dit-il. Je n’ai pas l’impression que c’est dû à un relâchement.»

La semaine dernière, la Direction régionale de la santé publique de Montréal (DRSP) mettait sur place une unité de dépistage mobile sur le territoire de l’Est de Montréal. L’agence de santé publique travaille depuis à répéter l’expérience avec des autobus de la STM.

Ces services «seront déployés progressivement dans les quartiers où il y a une hausse importante des cas», maintient dans un courriel le relationniste de la DRSP Eric Forest. Rien ne dit si Mercier-Hochelaga-Maisonneuve répond à ces critères.

Pierre Lessard-Blais ne sait pas si ces mesures seront déployées dans l’arrondissement. «Possiblement, ajoute-t-il. Mais ce n’est pas une certitude, on va se baser sur les données.»

901,3

L’arrondissement de MHM compte un taux de 901,3 cas pour 100 000 habitants selon les données du 4 mai. C’est en haut de la moyenne montréalaise qui se situe 822,5 cas par 100 000 habitants.

En collaboration avec François Carabin.

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