Hochelaga-Maisonneuve
12:00 17 juillet 2020 | mise à jour le: 17 juillet 2020 à 14:58 temps de lecture: 3 minutes

Prime COVID: un syndicat du CIUSSS de l’Est s’impatiente

Prime COVID: un syndicat du CIUSSS de l’Est s’impatiente
Photo: Archives/Métro MédiaCe printemps des syndiqués avaient manifesté devant l’hôpital Maisonneuve Rosemont pour dénoncer l’iniquité de la prime.

Des professionnels de la santé travaillant avec des patients à risque ou infectés par la COVID-19 n’ont toujours pas accès à la prime gouvernementale de 1000$ dollars par mois. Une situation que dénonce le Syndicat des techniciens et professionnels du CIUSSS de l’Est de l’Île de Montréal (SCFP 5425).

«Je suis plus exposée qu’une infirmière», dénonce Karina Pellei, physiothérapeute à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. «Quand je dois faire un transfert et que le patient a besoin d’aide maximale, il est à deux pouces de mon visage. Je le prends presque dans mes bras», illustre-t-elle.

Alors que l’unité où elle travaille a connu plusieurs éclosions de COVID-19 au cours des derniers mois, Karina Pellei déplore que la prime soit réservée à certaines professions.

«Une travailleuse sociale peut passer trente minutes dans une chambre avec un patient COVID-positif.», explique Maxime Ste-Marie, président par intérim du SCFP 5425. «L’infirmière de liaison qui est présente en même temps va avoir la prime de mille dollars, et pas la travailleuse sociale», déplore-t-il.

Instaurée par le gouvernement du Québec en mai dernier, la prime COVID est réservée aux travailleurs de première ligne. Au nombre sont les infirmières, les préposés et les inhalothérapeutes. Elle exclut une soixantaine de types d’emploi en milieu hospitalier et en CLSC, notamment les physiothérapeutes, les travailleurs sociaux et les éducateurs spécialisés.

Blocage au niveau politique

Face à l’inaction du gouvernement, le SCFP 5425 se tourne aujourd’hui vers son homologue provincial. L’entité syndicale aura maintenant la tâche de «gérer le dossier au niveau politique», selon Maxime Ste-Marie.

Le SCFP avait organisé plusieurs mobilisations dans l’Est de Montréal au mois de mai pour dénoncer l’iniquité de la prime.

Karina Pellei avait manifesté devant l’Hopital Maisonneuve Rosemont. Cependant, elle est aujourd’hui «tannée de devoir défendre sa profession. On espère vraiment qu’on va exister pour [le gouvernement]», ajoute-t-elle.

Début juin, l’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann a affirmé ne pas prévoir élargir la prime à d’autres travailleurs. Dans un communiqué envoyé à la Presse canadienne, elle a précisé que «les primes visent à favoriser la stabilité et la continuité de services dans des catégories d’emploi où on manque de personnel.».

Se préparer à une deuxième vague

Pour M. Ste-Marie, le CIUSSS de l’Est de Montréal commence à peine à connaître une accalmie au niveau des cas COVID.

Le représentant syndical déplore par ailleurs que les vacances de plusieurs travailleurs du CIUSSS de l’Est aient été écourtées.

« Si une deuxième vague arrive, et que l’équité n’arrive pas, ça va être très difficile. Les gens sont épuisés.», avertit-il.

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