Hochelaga-Maisonneuve
19:02 8 janvier 2021 | mise à jour le: 8 janvier 2021 à 19:03 temps de lecture: 3 minutes

L’abattage d’arbres «centenaires» sème la grogne à Tétreaultville

L’abattage d’arbres «centenaires» sème la grogne à Tétreaultville
Photo: Gracieuseté/Kim Dutremble«Il y avait quatre gros arbres en avant et tous ont été coupés. C'était effrayant la manière dont ils ont agi.

L’abattage d’arbres considérés comme centenaires suscite la colère de résidents de Tétreaultville dans l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Le projet d’agrandissement d’une maison de 25 chambres et cinq logements à l’angle de la rue Des Ormeaux et de l’avenue Pierre-de-Coubertin a amené le promoteur à couper douze arbres. Selon les riverains, six parmi eux auraient cent ans. Ils s’étaient alors mobilisés auprès de l’arrondissement pour empêcher qu’ils soient coupés, mais en vain.

«Il y avait de beaux arbres partout, c’était super beau, ça faisait de l’ombre. Il y avait quatre gros arbres en avant et tous ont été coupés. C’était effrayant la manière dont ils (promoteur) ont agi», s’est emporté Auguste, un voisin des lieux.

Aux yeux de Kim Dutremble, une autre voisine, l’abattage de ces arbres est un «désastre». Elle dit ne pas comprendre que la Ville puisse l’accepter.

«J’ai fait une plainte à la Ville, le fait que le promoteur ait tout coupé n’a pas de sens. Ma fille allait jouer sur ce terrain parce qu’il y avait des feuilles. C’est un coin où les enfants aimaient aller jouer, ils jouaient à la cachette», se souvient Mme Dutrembre, qui affirme que ce sont douze arbres centenaires qui ont été abattus.

«Arbres de 40 ans et d’un siècle»

Mélanie, une autre résidente du quartier, renchérit: «Il y en avait qui ont une quarantaine d’années. Des arbres centenaires, il y en avait au moins six, de gros arbres centenaires comme au parc Lafontaine», compare-t-elle.

Elle a rapporté à Métro que bien avant l’abattage des arbres, elle était intervenue en mai dernier auprès de l’arrondissement pour plaider en leur faveur. «Tout le monde dans le voisinage a appelé la Ville quand les arbres ont été enlevés. J’ai appelé avant et ils m’ont dit que si jamais c’était un contrat hors norme, ils allaient rendre ça public sur le site municipal, mais finalement il n’y a rien eu. Pour nous c’était surprenant», a reconnu Mélanie.

Son souhait était de voir les élus demander au promoteur de construire le bâtiment tout en tenant compte de l’emplacement des arbres.

Nouvelles dispositions en cours

Contactée, l’administration de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve a admis avoir délivré, le 3 décembre dernier, un certificat d’autorisation d’abattage au propriétaire.

«Lors d’une demande de certification d’abattage sur un terrain privé, l’arrondissement n’effectue pas d’inspection au préalable. Dans le cas de la demande, le certificat d’autorisation a accordé le droit au propriétaire du terrain la coupe de douze arbres, car ceux-ci étaient situés dans l’aire d’implantation de la construction», a répondu Julie Bellemare, agent de recherche à la Division des relations avec les citoyens et communications de l’arrondissement.

Elle a toutefois précisé que le promoteur devrait planter six nouveaux arbres dans les six mois suivant la fin des travaux de construction. L’administration locale a également adopté un avis de motion modifiant son Règlement d’urbanisme. L’objectif est de changer certaines dispositions liées au verdissement, à la plantation et à l’abattage d’arbres.

«Avec cet avis de motion, avance Mme Bellemare, aucun permis ou certificat ne sera accordé pour l’abattage d’arbres jusqu’à ce qu’un projet de règlement soit soumis au conseil d’arrondissement, et ce, dans un délai maximal de 60 jours.»

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