Hochelaga-Maisonneuve

Chanson noire: une première BD solo pour Jeik Dion

La bande dessinée «Chanson noire», de Jeik Dion, est publiée par les éditions Glénat Québec. Photo: Jason Paré/Métro

Figure incontournable de la bande dessinée québécoise, Jeik Dion propose sa première publication qu’il a lui-même scénarisée.

Intitulée Chanson noire – un clin d’œil à la pièce éponyme d’Harmonium – cette BD se déroule dans le Québec des années 1970.

Un bédéiste et sa copine déménagent dans une maison à la campagne. L’endroit serait paradisiaque si ce n’était des voisins un peu achalants, d’un arbre maléfique déclenchant des cauchemars et d’un événement cosmique chamboulant la quiétude du jeune couple.

Un défi «full intimidant»

Résidant actuellement dans le quartier d’Hochelaga, Jeik Dion a vécu les sept premières années de sa vie dans le East Los Angeles. Il est connu entre autres pour avoir illustré les adaptations bédéesques du film Turbo Kid et du roman Aliss, de Patrick Senécal.

C’est la première fois qu’il scénarise lui-même l’une de ses bandes dessinées, un défi qu’il a trouvé intimidant au départ.

«C’est full intimidant, reconnaît Jeik Dion. J’ai lu des livres sur l’écriture, je me suis inscrit à des master class; je voulais vraiment bien faire ça.»

Une préparation qui l’a mis en confiance, ce qui ne l’a pas empêché de vivre le syndrome de l’imposteur peu de temps avant la parution de la BD. Un sentiment qui est rapidement disparu grâce aux commentaires positifs qu’il a reçus.

«À date, je suis content, j’ai de super bons retours. C’est vraiment le fun à vivre.»

L’imaginaire dans son ADN

Malgré l’aspect fantastique du récit, Jeik Dion aborde des problématiques terre-à-terre, comme l’alcoolisme et les conflits amoureux.

D’ailleurs, Jeik Dion évolue depuis longtemps dans les mondes de l’imaginaire, comme l’horreur, la science-fiction et le fantastique. Pourrait-il un jour écrire une histoire plus réaliste, à l’image des œuvres de Michel Rabagliati (la série des Paul) ou encore de celles de Guy Delisle (Pyongyang, Chroniques birmanes)?

«Je suis en train d’écrire une autofiction qui va paraître l’année prochaine et qui va s’appeler Les Joies de la dépression», confie l’auteur.

Bien que cette BD s’inspirera de sa réalité, Jeik Dion explique qu’il y aura tout de même des éléments «fuckés», les genres de l’imaginaire étant intrinsèquement liés à son ADN.

Ce qui est important pour lui, c’est que le lecteur s’attache aux personnages, afin qu’il s’inquiète pour eux.

Cauchemar lumineux

D’un point de vue visuel, Jeik Dion a voulu avec Chanson noire raconter une histoire d’horreur avec des couleurs très vives, flirtant avec le pastel.

«On associe souvent l’horreur aux couleurs noires avec des tons vert sale. Je l’ai déjà fait dans Aliss, donc avec Chanson noire, je voulais faire l’inverse. Je voulais que ça soit lumineux, même si l’histoire est quand même dark

Une approche, ajoute-t-il, qui fonctionne bien avec les années 1970 et le ton psychédélique de son récit. L’objectif de Jeik Dion était également de faire une œuvre plus axée sur l’ambiance.

Je voulais que ça soit plus texturé et ambiant, plutôt qu’ultra-détaillé comme dans Turbo Kid.

Jeik Dion, auteur de bandes dessinées

Si la pièce Chanson noire d’Harmonium a inspiré l’idée de départ pour sa BD, c’est surtout la musique de son père, Denis Dion, qui a accompagné l’auteur pendant sa création.

«Il a composé un album en même temps que j’ai écrit la BD. Il me l’a envoyé pour avoir mon avis et le soir où je l’ai reçu, je l’ai écouté cinq fois. J’ai d’ailleurs mis le lien dans la BD pour que les lecteurs puissent l’écouter, parce que pour moi, c’était la trame sonore définitive de Chanson noire

Intitulé im, l’album de Denis Dion est disponible sur bandcamp: https://denisdion.bandcamp.com/album/im.

Inscrivez-vous à notre infolettre et recevez chaque semaine, un résumé de l’actualité d’Hochelaga – Maisonneuve.

Articles récents du même sujet