IDS-Verdun
06:00 18 mars 2020 | mise à jour le: 17 mars 2020 à 11:45 Temps de lecture: 3 minutes

Moins de jugement face à la déficience intellectuelle

Moins de jugement face à la déficience intellectuelle
Photo: IDS/Verdun-Hebdo - Katrine DesautelsMarie-Paule Villeneuve fait du bénévolat à l’atelier artistique de L’Arche de Montréal où elle aime particulièrement faire du dessin, parfois participant à des œuvres collectives.

Atteinte d’épilepsie légère, Marie-Paule Villeneuve remarque qu’il y a plus d’ouverture et moins de jugement face à la déficience intellectuelle. Dans le cadre de la Semaine de la déficience intellectuelle, rencontre avec cette résidente de l’Arche de Verdun depuis plus de 40 ans.

Mme Villeneuve a été l’une des premières personnes à avoir été accueilli par l’organisme qui héberge des personnes avec un handicap intellectuel. «Quand je suis dans un magasin, je suis traité comme les autres», témoigne la sexagénaire. 

Elle est d’avis que la mentalité est plus ouverte et qu’il y a moins de jugement qu’à une autre époque face à la déficience intellectuelle. «Quand les gens voient une personne avec une déficience, ils ont peur d’elle. Mais je trouve que c’est moins pire qu’avant. Il y a une amélioration», raconte-t-elle. 

Les gens avec un handicap intellectuel ont l’intelligence du coeur, souligne le directeur de l’Arche de Montréal, Alain Ouedraogo. «Dans nos résidences, on est témoin de cela. Elles ont une qualité qu’on perd en ce moment dans la société», remarque-t-il. 

Les personnes avec une déficience intellectuelle arrivent à apporter de la simplicité dans nos vies souvent surchargées, estime M. Ouedraogo. «Ce sont des personnes qui ne demandent pas beaucoup de choses pour être heureuses. Ça nous amène à regarder la vie différemment», détaille-t-il. 

Parcours 

Marie-Paule Villeneuve a eu plusieurs emplois. Elle a notamment été assistante-secrétaire dans un bureau d’avocat pendant 10 ans et s’est occupée des dossiers des animaux à la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA).

Aujourd’hui, elle fait du bénévolat à l’atelier artistique de l’Arche, où elle dessine des tableaux, des tabliers, des napperons ou encore des cartes d’anniversaire.

Elle est entrée à l’âge de sept ans dans une école «conventionnelle». «Mes parents ont demandé à la direction que j’apprenne à compter et à écrire. Tout ce qu’ils voulaient,  c’est que j’écrive mes pommes avec deux ‘m’», se rappelle-t-elle.

Les enfants de l’école l’ont accepté comme elle était, sans souligner sa différence. «Ils ne voient pas ces choses-là, ils ne cherchent pas le négatif», constate M. Ouedraogo. 

Mme Villeneuve est maintenant en mesure de lire, d’écrire et d’aller à la banque seule par exemple.

Ressources 

L’Arche de Montréal existe depuis 43 ans. L’organisme compte cinq résidences, dont deux à Verdun, dans lesquelles sont accueillies en permanence 25 personnes ayant des handicaps intellectuels. 

Trois intervenants les accompagnent, coordonnent les repas et les tâches ménagères auxquels tous participent. L’Arche de Montréal n’est pas en mesure d’ouvrir une autre résidence, même si la liste d’attente est longue, le soutien financier restant un défi. 

Au Québec, 82 000 personnes vivent avec une déficience intellectuelle. 

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