IDS-Verdun

Un filtre pour machine à laver afin de réduire les microplastiques

Luisa Novara montre un filtre pour laveuse qui empêche les microfibres de s’échapper dans les cours d’eau. Photo: Josie Desmarais/Métro

Une résidente de Verdun, Luisa Novara, chapeaute un projet de recherche citoyen du Groupe de recommandations et d’actions pour un meilleur environnement (GRAME). Ce projet vise à réduire la production de microplastiques grâce à des filtres pour éviter que cela pollue les cours d’eau. 

Saviez-vous que chaque fois que vous lavez vos vêtements, des microfibres se détachent et sont libérées dans les eaux usées? «Ce n’est pas complètement filtré dans un centre de traitement d’eau. Ça termine dans le fleuve et ensuite dans l’océan», alerte Luisa Novara. 

Elle ajoute que le textile est une des sources les plus communes de microplastique primaire, c’est-à-dire le plastique rejeté dans la nature sous forme micro et non par dégradation comme pour une bouteille d’eau. 

On sait qu’une fois que les microplastiques sont dans la nature, ils sont très difficiles à ramasser.

Luisa Novara

Le fleuve Saint-Laurent figure parmi les pires cours d’eau au monde en matière de pollution par microplastiques, selon une étude de chercheurs de l’Université McGill, publiée en 2020. C’est d’ailleurs cette révélation qui a motivé les militants du GRAME à lancer leur projet de recherche. 

Analysé en laboratoire 

Luisa Novara a participé à des opérations de nettoyage sous-marin des berges, notamment grâce à la campagne Opération nettoyage 360. «On était capable de ramasser les gros morceaux de plastique, mais pas les plus petits», relate la Verdunoise. Cette problématique a amené une réflexion sur la gestion des microplastiques. 

«On cherchait des moyens de réduire le rejet de microplastique à la source. On a trouvé des compagnies qui produisent des filtres à installer directement sur les machines à laver pour retenir les microplastiques», raconte la militante. Les filtres sont efficaces au minimum à 87% et peuvent même retenir jusqu’à 100% des particules. 

Le projet du GRAME regroupe 30 citoyens qui ont testé un filtre sur leur machine à laver. Depuis bientôt six mois, les participants nettoient le filtre et collectent la peluche retenue. Le projet est inspiré d’une recherche similaire réalisée par l’organisme Georgian Bay Forever basé en Ontario en collaboration avec l’Université de Toronto.

Ensuite, les échantillons collectés seront remis à un laboratoire de recherche de l’université d’ingénierie Polytechnique Montréal. Ce volet de la recherche est coordonné par la professeure en gestion des eaux usées à Polytechnique Montréal, Dominique Claveau-Mallet. «Elle pourra quantifier le microplastique présent dans ces échantillons et déterminer quel type de plastique s’y retrouve», explique Mme Novara. 

Le but du projet citoyen est aussi d’estimer quelles seraient les quantités de microplastique détournées des cours d’eau si, par exemple, toutes les machines à laver de Montréal avaient un filtre. 

De plus, comme les participants auront noté les paramètres de leur lavage, comme le type de cycle ou la température de l’eau, il sera possible de produire un rapport pour déterminer ce qui favorise le détachement des microfibres des vêtements. 

Exemple sur la France 

L’organisme GRAME souhaite que son projet ouvre un dialogue avec le gouvernement du Québec afin qu’une loi oblige les producteurs de laveuses à intégrer les filtres qui captent les microplastiques sur les machines. Cela a déjà été fait en France. D’ici 2025, les fabricants de machines à laver devront produire des engins avec des filtres intégrés. 

Pour l’instant, au Québec, cette responsabilité revient au citoyen. Un filtre coûte environ 250$, mais GRAME possède une subvention du RECYC-QUÉBEC qui lui permet d’offrir un rabais de 30%. Pour acheter un filtre avec rabais, visitez le site grame.org/filtre-microfibre/subvention.

Des municipalités du Québec comme la ville de Saint-Lambert et la MRC Roussillon ont conclu un partenariat avec GRAME qui leur permet d’offrir des filtres au coût de 22,50$. Montréal ne fait pas partie de ce programme, mais GRAME recherche toujours des arrondissements intéressés. 

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