La dure réalité des garderies non subventionnées

Garderie Koneku
Lenkha Munoz, copropriétaire de la garderie éducative trilingue Koneku située à Verdun. Photo: Denis Germain / Métro

Le 19 août dernier, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, annonçait que la totalité des places en garderies privées non subventionnées de la province seraient converties en places subventionnées d’ici les cinq prochaines années. Les propriétaires de la garderie privée trilingue Koneku à Verdun s’en réjouissent, mais craignent que les délais s’étirent.  

Un projet qui représente un investissement de 1,4 milliard de dollars.  

C’est que, comme bien d’autres propriétaires de garderies non subventionnées, Lenkha Munoz et Freddy Gonzalez devront mettre la clé sous la porte, si rien n’est fait d’ici cinq ans.

Freddy Gonzalez et Lenkha Munoz.
Photo: Denis Germain / Métro

«Nous sommes à deux doigts de devoir fermer. On craint le pire», se désole Lenkha Munoz.

Après s’être vu refuser sa première demande de subvention auprès du ministère de la Famille, Mme Munoz doit maintenant attendre que les élections soient terminées pour refaire une demande.

«Tout est gelé pour le moment. Et je dois recommencer les démarches à zéro», poursuit celle qui a travaillé 10 ans dans un centre de la petite enfance (CPE).

«On a la même chose qu’en CPE ici: l’horaire, le fonctionnement, un programme éducatif approuvé par le ministère, l’accréditation gouvernementale. La seule chose qu’on n’a pas, c’est la subvention», mentionne Lenkha Munoz.  

La garderie Koneku a été fondée en 2011 en milieu familial, avant de devenir une garderie en installation, en juillet 2017. Depuis mai 2021, Koneku est une garderie éducative trilingue privée, non subventionnée.

Quatre types de services de garde éducatifs à l’enfance
– Centre de la petite enfance (CPE)
– Service de garde en milieu familial
– Garderie subventionnée
– Garderie non subventionnée

Pénurie de places en CPE, manque d’enfants en garderie privée

Selon les données du ministère de la Famille datant du 31 mai 2022, plus de 30 000 enfants seraient en attente d’une place dans un service de garde éducatif à l’enfance à travers la province.

Chez Koneku, à Verdun, seuls sept enfants sont actuellement inscrits malgré une capacité d’accueil de 18 places.

Qu’est-ce qui explique le nombre de places toujours vacantes?

«Le prix», lance d’emblée Lenkha Munoz.

Alors que la contribution réduite en CPE est de 8,70 $ par jour, la garderie Koneku a quant à elle un tarif quotidien de 40 $.

«On n’a pas le choix. Sinon on ne survivrait pas, parce que c’est notre seule source de revenus. C’est justement pour ça qu’on a besoin de subvention», ajoute la propriétaire.

Je veux tout faire pour aider la société québécoise, et il faut commencer par les enfants. Ils sont le futur de notre société, la fondation de notre peuple.

Lenkha Munoz, copropriétaire de la garderie éducative trilingue Koneku
Lenkha Munoz
Photo: Denis Germain / Métro

Éducatrice dans l’âme

Lenkha Munoz a vécu au Chili avant d’immigrer à Verdun il y a de cela 31 ans.

Elle travaille depuis plus de 20 ans dans le domaine de la petite enfance.

«La garderie ne peut pas disparaître, parce que c’est ma vie. Je savais que je voulais devenir éducatrice dès l’âge de quatre ans. C’est dans mon ADN», mentionne la mère de deux adolescents de 12 et 14 ans.

À la garderie Koneku, les enfants parlent principalement français, mais également espagnol et anglais. L’éducation linguistique représente un atout selon la propriétaire.

«À cet âge, les enfants sont comme des éponges. Ils comprennent tout très rapidement. C’est fascinant de voir leur progression, et c’est justement grâce à ce volet que des parents viennent vers nous», explique Mme Munoz.

Aujourd’hui, elle souhaite uniquement devenir une garderie subventionnée pour poursuivre sa mission.

«Je veux tout faire pour aider la société québécoise, et il faut commencer par les enfants. Ils sont le futur de notre société, la fondation de notre peuple.»

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