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Valentin

Valentin est né un 14 février. Ses parents ne pouvaient vraiment pas l’appeler Maurice. Un prénom qui l’a suivi et qui l’a en quelque sorte fabriqué. Issu d’une famille de trois enfants dont il est l’aîné, Valentin a le cœur sur la main. 40 ans, bientôt 41, il est toujours célibataire. Il a passé la majeure partie de sa vie à prendre soin des autres. Plutôt beau bonhomme, comme la plupart des pompiers (aux dires de Diane, notre réceptionniste), il travaille dans une caserne à l’extérieur de Montréal.

Lundi dernier, Valentin s’est rendu, avec son amie d’enfance Claudia, chez madame LUNA, tireuse de cartes, voyante et voyages astraux (c’est ce qui est inscrit sur sa carte de visite). La bonne aventure, vous l’aurez deviné, c’est davantage le «trip» de Claudia qui court, elle aussi, après l’amour.

Ils se sont connus à l’école secondaire et partagent plein de choses ensemble: le ski, le golf, le scrabble et le thé. Pour l’anniversaire de Valentin, Claudia l’invite donc à passer une heure avec madame LUNA. Afin de ne pas déplaire à sa copine, Valentin joue le jeu et accepte spontanément son CADEAU.

Après s’être abandonné dans les voiles mystérieux de madame LUNA, Valentin retient qu’il vivra très vieux et qu’il connaîtra très prochainement l’amour avec un grand A. Un signe lui sera envoyé dans les prochains jours. Il rit et sort en compagnie de Claudia qui le bombarde de questions. Valentin raconte un peu son entrevue, tout en cachant quelques détails.

Le fait est que depuis quelques années, Valentin l’accompagne un peu partout – party de bureau, mariage, baptême, etc. L’ami de service quoi. En lui, se développe un sentiment qu’il refoule. Il ne veut pas se l’avouer, mais son cœur flanche à chaque fois qu’il la voit. Même ses collègues à la caserne commencent à le taquiner. Il rougit comme un servant de messe et détourne la conversation.

La journée se passe agréablement. Après un lunch presque romantique dans un petit café de Verdun, Claudia qui est en congé en ce beau mardi après-midi, propose à Valentin de la raccompagner chez-elle à LaSalle. Ils se rendent à son condo. Depuis le début de la journée, flotte dans l’air comme quelque chose de bizarre, comme si le printemps se manifestait trop hâtivement. Ça se passe dans le regard, le geste. Valentin tente d’éloigner de lui l’idée insolite et enivrante de l’embrasser. Ils sont si amis. Elle tourne autour de lui comme une toupie folle, elle se penche pour ramasser une revue qui traîne. Valentin croit entrevoir un début de tatou à la naissance du dos.

– «Qu’est-ce que tu as là?, lance-t-il… un tatou?»

– «Ah! Une niaiserie que je me suis payée avant Noël !»

À son tour, elle rougit.

– «Montre-le moi, Claudia.»

– «Mais non, ce n’est rien.»

– «J’insiste.»

Prise au piège, elle soulève lentement son pull rose, ferme les yeux et dévoile à son ami un joli tatou délicat et tout rouge sur sa peau de pèche. Un CUPIDON.

Il comprend le message, la prend dans ses bras et l’embrasse tendrement. Ainsi, grâce à Cupidon ou madame LUNA, ils commencent à écrire ensemble les pages d’une nouvelle histoire.

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