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Je ne veux plus revenir!

L’autre soir, je me posais LA question. Bien allongé dans mon bain mousse, le corps submergé et l’esprit aussi vagabond qu’un pou sur la tête d’un élève de première année. Le pétillement singulier de la mousse qui chatouillait mes oreilles me plaisait. Je réfléchissais à l’Avenir. L’Avenir avec un grand A, celui de la planète. Je me tape souvent l’excellente émission DÉCOUVERTE, ça m’inspire toujours, ça me décourage souvent.
Le soleil était couché depuis quelques heures et la maison dormait déjà. Aucun bruit, même pas un fond de musique. Rien que le bruit de mes réflexions. Ça brassait dans ma caboche. Un petit verre de pétillant ça libère aussi, n’est-ce pas? Une voiture à l’occasion passait dans la rue mouillée et déchirait le silence. J’avais pris soin de poser quelques chandelles écrues ici et là, processus incontournable qui propose la réflexion. Un vent frileux entrait par la fenêtre du salon et faisait danser les petites chandelles, un frisson qui courait sur les murs et qui me donnait l’impression, comme un témoin à la commission Charbonneau, que quelque chose se passait.
Ah oui! La question? J’y arrive. Est-ce qu’on se réincarne? Du coup, je me suis projeté dans cent ans. Exercice que je ne fais pas souvent. Je suis plutôt, style moment-présent, vous voyez ce que je veux dire? Bref, avec la couche d’ozone qui est aussi malade que le monde politique, les grands glaciers qui fondent aussi rapidement que la crédibilité de certains maires, la pollution qui gagne du terrain, les rois du pétrole, la misère humaine à travers la planète, Mado Lamothe et les Denis Drolet… Pas certain de vouloir revenir! Vous autres? Je pense que je ne veux même pas me réincarner en moineau, en blé d’inde ou en roche.
C’est certain que de renaître en oiseau, cela serait fascinant, le rêve ultime de l’homme : voler! (Y’en a beaucoup qui le font… y paraît, mais c’est autre chose…). J’veux dire aller partout, passer l’hiver au soleil… À moins que la nature me transforme en chardonneret. Passer l’hiver ici en plein hiver à Val David… pas sûr! Je suis davantage du style colibri, attiré par les régions tropicales. 53 degrés à l’ombre… même en oiseau, c’est dur sur le battement d’ailes.
Un blé d’inde? Là encore, c’est évident. Avec les cultivateurs de pot illicite, je n’aurai plus de place pour respirer… un maïs, faut que ça respire, c’est bien connu. Je pense qu’avec la mauvaise qualité du sol, les produits chimiques et le manque d’eau potable, je vais avoir l’épi bien triste et… sec. Cela ne me tente pas de finir ma vie dans la bouche d’une vache rachitique.
Que restera-t-il comme choix pour mon petit moi? Une roche? Et pourquoi pas une belle grosse roche luisante. Je me veux aussi rare qu’un carré rouge à l’Assemblée nationale. Unique aussi. Je veux me faire analyser par les plus grands géologues, être la roche la plus cool. Me faire masser, polir et étudier. Un caillou mystérieux comme un juge et attirant comme un péché. Je vais être une roche secrète et insensible. Une roche, ça prend pas de cochonneries, ça vote pas et puis c’est toujours en vacances. Prendre congé de mes semblables pendant trois mille ans… quelle bonne idée!

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