Paul Gérin-Lajoie: un homme de passion, de vision et… d'action!
C’est avec un intérêt manifeste que les élèves de l’école primaire Île-des-Soeurs ont écouté les propos de Paul Gérin-Lajoie, lors de sa visite, le jeudi 18 octobre. On aurait pu croire que les propos d’un des artisans de la Révolution tranquille puissent rebuter des enfants nés quarante ans plus tard, mais il n’en fut rien. Sans doute que l’intégrité de leur soif d’apprendre leur permet de mieux apprécier les valeurs des gens qu’on leur fait découvrir.
Il suffit d’écouter Paul Gérin-Lajoie pendant quelques minutes pour se rendre compte que toutes ses actions ont été guidées par des principes auxquels il n’a jamais dérogé. Pour lui, la qualité de vie des gens passe essentiellement par l’éducation et, après l’avoir rendue accessible à tous ses concitoyens, il s’est engagé dans l’interminable mission d’en faire profiter les peuples les plus défavorisés du monde.
À 92 ans, il poursuit cet engagement avec une grande ferveur. Si sa vigueur physique s’est un peu atténuée, son expérience et sa détermination lui permettent de continuer son action avec une efficacité indéniable.
Il était donc intéressant de connaître le point de vue de celui qui a réformé le programme éducatif québécois sur l’impact des changements que l’on envisage de lui apporter. À en juger par les récentes décisions et annonces du gouvernement Marois, on a l’impression que plusieurs des principes de base du système d’éducation sont remis en question et Le Magazine a recueilli les commentaires de M. Gérin-Lajoie, à cet égard.
Il ne fallait toutefois pas s’attendre à des déclarations fracassantes de la part d’un homme dont la sagesse et la pondération sont proverbiales. Il n’a pas caché, cependant, son désaccord avec certaines nouvelles mesures, tout en évitant d’en stigmatiser les promoteurs.
Ainsi, Paul Gérin-Lajoie est d’avis qu’en dépit des bouleversements culturels qui ont marqué le Québec, les fondements de sa réforme sont toujours appropriés. Il croit que la diversité des origines ethniques ne constitue pas un obstacle majeur à l’accès de tous les enfants à une éducation de qualité.
L’ancien ministre de l’Éducation exprime aussi son désaccord à l’endroit de l’engagement du Parti québécois sur les restrictions linguistiques pour l’admission aux cégeps. Il désapprouve également l’intention gouvernementale d’assujettir les subventions aux écoles privées à l’imposition de l’universalité dans les critères d’admission.
En d’autres lieux et dans un contexte moins festif, M. Gérin-Lajoie aurait peut-être réagi avec plus de détermination aux déclarations qui ont fait les manchettes au cours des derniers jours. Dans les dernières minutes de cette belle rencontre, il était bien davantage intéressé par les propos des élèves qui venaient le saluer et on peut facilement le comprendre. Quand les années passent trop vite et qu’il reste tant à faire, on s’attarde à ce qui fait œuvre utile!