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Michael Applebaum a bien placé ses pièces

Dans la féroce partie d’échecs qui se joue à Montréal, Michael Applebaum semble avoir pris une bonne longueur d’avance. Il a bien placé ses pièces et il a su déceler les pièges disséminés sur l’échiquier montréalais.

Le nouveau maire par intérim de Montréal a surtout compris que le plus grand obstacle à l’essor de la ville de Montréal est la mauvaise presse dont cette ville est la cible. Le maire Gérald Tremblay a porté l’odieux de cette situation et, comme on le sait, il a dû remettre sa démission. Mais cela n’était pas assez pour calmer la grogne populaire; il fallait aussi que l’on anéantisse le parti politique que l’ex-maire avait fondé. Au cours des dernières années, Union Montréal a été tenu responsable de tous les maux qui affligeaient la métropole du Québec et les allégations faites devant la commission Charbonneau lui ont donné le coup de grâce.

Même si les témoignages les plus probants ont été contredits, même si le maire Tremblay n’a jamais pu donner sa version des faits, l’opinion publique a rendu son jugement. Michael Applebaum en a pris acte et il a eu l’habileté de profiter de ce constat pour implanter sa propre vision de l’administration municipale. En outre, il a su rallier les membres des partis d’opposition et bon nombre de ceux avec qui il faisait équipe, quelques semaines plus tôt.

Ce tour de force a eu un impact immédiat. Les grands titres restent percutants, mais ils sont beaucoup moins négatifs et les Montréalais reprennent confiance en leur ville. Tout indique qu’ils accepteront la hausse de taxes réclamée par le maire Applebaum pour maintenir les services municipaux.

Ce qui me semble le plus prometteur dans la nouvelle façon de faire les choses, à Montréal, c’est la promesse d’abolir «la ligne de parti» dans les décisions du comité exécutif. Fort de la présence majoritaire des partis d’opposition et des indépendants au sein de son comité exécutif, Michael Applebaum aura les coudées franches pour faire approuver des résolutions qui ne risqueront pas d’être dénoncées au lendemain de leur adoption. Il est bien évident que les partis d’opposition seraient mal venus de critiquer des décisions auxquelles ils ont eux-mêmes participé.

Il ne faut toutefois pas se leurrer. Le nouveau comité exécutif aura bien peu de temps à consacrer à de nouveaux projets, pendant son court mandat. La priorité de Michael Applebaum est la restauration de l’image de l’administration municipale et ce ne sera pas une tâche facile. La ville de Montréal restera dépendante, dans une large mesure, des décisions que prendra le gouvernement provincial, lui-même assujetti à une situation inconfortable, en raison de sa courte majorité.

Il reste que le mandat de Michael Applebaum se terminera dans moins d’un an et que cette échéance sera précédée de l’effervescence de la campagne électorale qui débutera au cours de l’été. Il affirme qu’il ne sera pas de la prochaine course à la mairie de Montréal et c’est tant mieux. Quand on considère les défis auxquels il est confronté, il aura certainement besoin de poursuivre sa tâche jusqu’à la fin de son terme.

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