Lachine & Dorval

Une hausse des abandons d’animaux est prédite cet automne

Un chat fixant la caméra, la tête accoudée sur un coussin.
Photo: Archives

Les refuges observent une légère hausse d’abandons des animaux de compagnie, particulièrement chez les chiens, durant la saison estivale qui concorde avec les déménagements. Cependant, ces établissements animaliers redoutent qu’une vague plus importante d’abandons d’animaux puisse les affecter à l’automne.

Année après année, les refuges enregistrent régulièrement une recrudescence du nombre d’abandons à l’été, notamment à cause des déménagements, de l’augmentation des animaux errants et la difficulté à obtenir des services vétérinaires.

De plus, la pandémie est un facteur important à considérer en 2021 en raison des «animaux COVID» qui ont été adoptés durant les mois de confinement. Ils sont plus à risque de développer des problèmes comportementaux.

La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal enregistre jusqu’à maintenant une hausse de 12% des arrivées de chats et de chiens.

«C’est une hausse considérable, mais ça reste gérable pour nous. La situation est plus inquiétante au niveau des autres espèces», explique la directrice générale de l’organisme, Élise Desaulniers.

En effet, la SCPA de Montréal a reçu 84 lapins, soit une augmentation de 38% en comparaison avec les taux de 2020. Le refuge a également reçu un important nombre de canards, d’écureuils, de ratons et d’autres animaux de la faune.

Du côté du refuge Animex, à Verdun, le nombre d’abandons de chats et de chiens est resté stable par rapport au taux prépandémie.

«J’avais peur que le nombre d’abandons bondisse, surtout au niveau des chiens», admet la technicienne en santé animale et propriétaire de l’ambulance pour les animaux Animex, Andrée Gibeault.

12%

La SPCA de Montréal enregistre une hausse de 12% des arrivées de chats et de chiens dans les sept premiers mois de 2021.  

Elle explique qu’en raison de la crise du logement, plusieurs locateurs n’acceptent pas les chiens, ce qui contraint les propriétaires canins à se délaisser de leur animal, faute de trouver un logement.

Pour un animal abandonné, le plus stressant est le transport, dans une cage notamment, et l’adaptation à son nouvel environnement. «Mais tout cela reste passager pour l’animal, explique Mme Gibeault. Ce stress peut être comparable à une personne qui déménage.»

Comme l’animal crée un lien avec son propriétaire, lors de la séparation, il risque de ressentir une certaine tristesse. «Mais l’animal à un instinct de survie et il va bien s’adapter à ses nouveaux maîtres», précise Mme Gibeault.  

Chez Animex, des formulaires sont remplis par ceux qui désirent donner leur animal en adoption afin de trouver de nouveaux propriétaires avec qui ils s’entendront bien. «On ne va pas mettre un chien hyperactif avec une personne âgée à mobilité réduite, par exemple», souligne Andrée Gibeault.

Retour au travail

Le déconfinement, la rentrée scolaire et le retour au travail en présentiel pourraient entraîner une importante hausse des abandons d’animaux de compagnie vers l’automne.

«Ce sont tous des éléments qui vont se présenter à l’automne et qui nous font très peur pour les animaux», exprime la directrice de la SPCA de Montréal au sujet des abandons.

Lorsque le maître commencera à sortir davantage de la maison, cela peut occasionner des crises d’anxiété chez le chien et le chat. Il est conseillé de quitter la maison plusieurs fois pendant un petit moment pour l’habituer. 

«On encourage les propriétaires à quitter graduellement la maison afin d’habituer l’animal qui a été choyé par leur présence durant le confinement», recommande la directrice générale adjointe de la Société protection des animaux (SPA) de Mauricie, Sarah-Lise Hamel.

Les crises d’anxiété peuvent se manifester par des comportements destructeurs chez l’animal. «Il faut faire du renforcement positif. Ça ne sert à rien de chicaner un chien qui est en crise d’anxiété, ce n’est pas de sa faute», prévient Mme Gibeault.

Il est possible de se référer à des spécialistes en comportement animal pour diminuer les crises.

Toute personne qui désire adopter un animal devrait d’abord prendre en considération son mode de vie afin de trouver un compagnon qui peut s’adapter au rythme quotidien de son maître. De plus, la technicienne en santé animale indique qu’il faut évaluer le temps que l’on peut accorder à notre animal de compagnie et le choisir en fonction de cela.

Avec la collaboration de Katrine Désautels.

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