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La mairesse de Lachine se bat pour l’eau

L’eau au Canada, concentrée dans la région des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent, représente 20% de l’eau douce mondiale. Photo: iStock

Le congrès de l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent aura lieu du 22 au 24 juin en Ontario, et c’est Maja Vodanovic, mairesse de Lachine, qui représentera le Grand Montréal.

Alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) vient d’annoncer qu’elle envisage d’augmenter les redevances sur l’eau exigées aux entreprises, la mairesse souhaite que des mesures concrètes soient mises en place pour que l’eau soit revalorisée. Une augmentation des redevances aux entreprises permettrait d’augmenter les revenus qui financent la protection de l’environnement, en particulier les rives du Saint Laurent, ainsi que la qualité de l’eau.

Une gestion de l’eau plus transparente

L’eau au Canada, concentrée dans la région des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent, représente 20% de l’eau douce mondiale.

Ce bien public étant en quantité abondante, les entreprises ne font face à aucune opposition pour puiser des quantités énormes, à des prix dérisoires. Pour une entreprise d’embouteillement ou des fabricants de béton, les 75 000 premiers litres, soit 75 mètres cubes d’eau, sont gratuits. Au-delà, le mètre cube coûte aux entreprises 0,07 $. «On ne peut pas se permettre de donner notre eau gratuitement» à des compagnies telles que Coca, Pepsi ou Eska, assure Mme Vodanovic.

Actuellement, la quantité puisée n’est pas limitée, et son prix reste fixe. Il est donc impératif de connaître les quantités d’eau puisées pour augmenter les redevances sur celles-ci.

Par ailleurs, la quantité puisée par les géants de l’embouteillement n’est pas connue des autorités ni du public, car cette information serait protégée par le secret corporatif. Un bien public et collectif se retrouve donc dans les mains du secteur privé gratuitement, et personne ne sait dans quelle mesure.

C’est le combat de l’organisme Eau Secours et du Centre québécois du droit de l’environnement, qui sont allés en cour en mars 2022 pour rendre publiques ces informations. Cependant, la Cour supérieure du Québec a tranché en faveur des entreprises et maintenu le secret commercial.

Un revenu nécessaire

Toutefois, une résolution sera déposée par la mairesse de Lachine pour augmenter ces redevances. Elle souhaite rediriger les revenus perçus vers les municipalités pour que celles-ci investissent dans des infrastructures. Mme Vodanovic fait de la «préservation de la qualité de l’eau et des infrastructures» son cheval de bataille. «La qualité de l’eau, c’est la raison pour laquelle je suis entrée en politique», a-t-elle déclaré.

Au congrès, la mairesse souhaite mettre en lumière les difficultés que les villes rencontrent dans la résolution des problèmes de désuétude des berges et de qualité de l’eau. D’après elle, les gouvernements fédéral et provincial en demandent beaucoup: «la contribution du Québec est trop petite pour nos besoins.» Avec des inondations de plus en plus fréquentes dues aux changements climatiques, il est impératif de «créer de nouveaux systèmes pour être plus performants».

D’après le Sondage d’évaluation des besoins en matière de résilience côtière, les collectivités de l’Alliance devront dépenser près de deux milliards de dollars dans les cinq prochaines années pour réparer les dommages côtiers causés par les changements climatiques.

C’est là qu’entrent en jeu les redevances. La taxe sur l’essence et la contribution du Québec (TECQ) est un revenu sur cinq ans accordé aux municipalités. Mme Vodanovic souhaiterait que ce revenu inclue dorénavant les redevances sur l’eau, avec une nette augmentation, pour résoudre les problèmes auxquels les municipalités sont confrontées, particulièrement celles situées sur les rives du Saint-Laurent.

Avec une échéance du TECQ en 2023, la mairesse espère renégocier cette contribution pour 2024.

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