Sauvetage de la dernière chance à Lachine
Se mettant en route vers ces deux nageurs, nous apercevons l’un des deux qui se dirige vers l’autre, puis se remet à nager vers le large. Robert nous suggère de prendre la bouée et la ligne d’attrape.
Arrivés à leur hauteur, je demande au premier: « Est-ce que ça va? » Il me répond que tout est ok. Je demande au deuxième: « Est-ce que…? » Non, plus rien ne va, il ne nage plus, il patauge sur place et tente désespérément de garder la tête hors de l’eau.
Michel Martin, nouvelle recrue lui lance une bouée de sauvetage; le jeune l’agrippe avec force. Je regarde le premier nageur et vois qu’il est en contrôle de lui-même; je me dirige vers l’arrière du bateau et mets l’échelle en place pour les faire monter à bord.
La victime a de la difficulté à monter à bord et, rendu dans le bateau, il titube mais se reprend; je l’installe sur le siège avant tandis que le l’autre monte dans notre bateau. Michel s’occupe d’eux. Je m’assois en face du rescapé pour prendre les notes habituelles et une forte odeur de whisky se propage dans l’air. Je lui dis «Tu as pris de la boisson forte?» Il me répond quelques niaiseries et voyant que j’attendais une réponse, il avoue avoir consommé.
Toutes les conditions perdantes étaient réunies: aucun entraînement pour la nage sur longue distance, facultés affaiblies, main endolorie, pas de veste de flottaison et aucune embarcation de surveillance.
Michel fait la réflexion suivante: «Leur état d`ébriété a sûrement affecté leur jugement à cet égard. Je me demande toujours ce qu`il serait arrivé si le hasard ne nous avait pas placé sur leur route. Il y a vraisemblablement un ange gardien pour tous».
Jean-Pierre Desautels, collaboration spéciale