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Des citoyens de l’arrondissement se mobilisent

L’installation de compteurs intelligents par Hydro-Québec suscite l’inquiétude de résidents des arrondissements de Verdun, de LaSalle et de Lachine. Une trentaine d’entre eux ont d’ailleurs manifesté dimanche dernier, à Verdun, afin de sensibiliser la population à cette problématique.

Accompagnés de membres de l’association «Refusons les compteurs», les manifestants ont discuté avec des piétons de la rue Wellington à Verdun. Ils ont également réuni une soixantaine de signatures pour leur pétition, afin d’empêcher Hydro-Québec d’installer de nouveaux compteurs chez eux.

«Nous refusons les nouveaux compteurs intelligents d’Hydro-Québec car ils présentent des risques sérieux pour l’économie, la vie privée, l’environnement et la santé. Ils émettent en permanence des ondes potentiellement cancérigènes pouvant causer insomnies, migraines, acouphènes, palpitations cardiaques et étourdissements», a déclaré la porte-parole de «Villeray refuse», Marie-Michelle Poisson.

Selon Mme Poisson, plusieurs citoyens en santé ont vécu de tels problèmes. Par exemple, un résident de Villeray, Pierre Lepage, et sa famille ont ressenti des maux de tête, nausées et étourdissements, peu après l’installation des nouveaux compteurs.

Or, Hydro-Québec se défend: «Les compteurs de nouvelle génération qu’installe Hydro-Québec sont sans danger pour la santé. Ils sont tout à fait sécuritaires et leur émission de radiofréquences est 120 000 fois inférieure à la limite d’exposition recommandée par le Code de Sécurité 6, qui impose les exigences à respecter en cette matière au Canada. Cette valeur a même été validée expérimentalement par une firme indépendante», affirme Danielle Chabot, attachée de presse à la société d’État.

Mais ce sont les compteurs regroupés dont se soucie le plus Mme Poisson. «Dans les appartements et les immeubles à logement comme un duplex, les compteurs se retrouvent dans une seule même pièce. À Villeray, dans 70% des cas, ils sont dans la cuisine d’un locataire. Il peut donc se retrouver avec six compteurs, ça représente un grand risque pour sa santé», indique-t-elle.

«Les résidents de Verdun, de LaSalle et de Lachine sont inquiets parce que leurs logements sont comparables aux nôtres, ils risquent donc d’être confronté aux mêmes problèmes que nous avons eu. À Boucherville, comme c’est le cas à L’Île-des-Sœurs, il y a davantage de maisons unifamiliales et de condos, pour lesquelles les compteurs sont placés à l’extérieur. Mais les ondes traversent les matériaux et en général, elles passent plus facilement à travers les nouveaux bâtiments», ajoute Mme Poisson.

Des compteurs nouvelle génération

En 2011, fini les compteurs à roulette et le technicien qui calcule votre consommation d’électricité : la société d’État fait place aux compteurs nouvelle génération. Grâce à une antenne qui peut émettre et capter des radiofréquences, les données sur la consommation d’électricité d’un foyer seront transmises par un réseau sans fil ou un routeur. S’il est trop éloigné, le signal sera capté par d’autres compteurs. Au final, Hydro-Québec lira ces données à distance et permettra de détecter automatiquement les pannes. Des millions de dollars d’économie pour l’entreprise.

C’est le quartier Villeray qui fut choisi pour un premier projet-pilote. L’installation de 20 000 compteurs intelligents était prévue, mais cette nouvelle technologie n’a pas fait l’unanimité dans la population. Des citoyens inquiets se sont regroupés au sein du mouvement «Villeray refuse», qui demandent, entre autres, à Hydro-Québec de mieux informer la population. Depuis, plusieurs municipalités se sont joints à cette opposition, dont Laval, Boucherville et Magog.

Devant la mobilisation citoyenne, le dossier s’est retrouvé dans les mains de la Régie de l’énergie. Le 7 février dernier, celle-ci a donné le feu vert à Hydro-Québec pour procéder à l’installation des 1,8 millions de compteurs dans la région métropolitaine. Une nouvelle mal reçue dans l’opposition. «Ce n’est pas une bonne nouvelle. Ces compteurs n’ont pas été testés, on a eu des citoyens qui ont ressenti des malaises. On a averti Hydro-Québec et ils n’en tiennent pas compte. (Leurs dirigeants) disent que le projet-pilote à Villeray a été concluant alors qu’on a empêché l’installation du tiers des compteurs!», s’indigne Mme Marie-Michelle Poisson.

Option de retrait?

Pour ceux qui ne désirent pas ces nouveaux compteurs intelligents, Hydro-Québec offre une option de retrait, moyennant des frais de 137$ en plus d’une cotisation de 17$ par mois. Or, aux États-Unis, cette option est gratuite. «Cette option de retrait ici n’est pas viable! Non seulement elle est inaccessible à ceux qui n’ont pas les moyens, mais elle ne s’applique pas aux locataires qui ont des compteurs regroupés», renchérit Mme Poisson.

Une séance d’information est prévue le mardi 19 février, à 19h30, au salon du personnel du Cégep André-Laurendeau (1111, rue Lapierre, LaSalle).

Pour plus de détails, visitez le site web http://villerayrefuse.wordpress.com/

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