Le vieillissement entraîne plusieurs problématiques
Selon le profil sociodémographique basé sur le Recensement de Statistique Canada de 2011, LaSalle comptait 12 550 personnes de 65 ans et plus sur une population de 74 276 habitants. Une part de 61% de ces personnes, soit 7605 aînés, habitaient avec des membres de leur famille, alors que 4950 ne vivaient pas en famille (39%). Parmi ceux-ci, 3970 vivaient seuls. Le vieillissement engendre plusieurs problématiques: exclusion sociale, isolement, abus et négligence, perte d’autonomie, pauvreté financière, transport, insécurité alimentaire, etc. Au Centre de santé et des services sociaux (CSSS) de Dorval-Lachine-LaSalle, on croit que le phénomène prendra de l’ampleur au cours des 20 prochaines années.
Isolement et pauvreté
Directrice du Centre du Vieux Moulin de LaSalle, Hélène Lapierre confirme «un indice marquant de vieillissement de la population, et ça n’ira pas en diminuant».
Des aînés vivent l’exclusion sociale et l’isolement. «Plus on ratisse, plus on rencontre des situations d’abus et de négligence. On voit de la perte d’autonomie et de la pauvreté. Le manque de logement social et la saturation des places en HLM font que les aînés se retrouvent dans des logements qui leur coûtent jusqu’à 700$».
«Quand on est isolé pendant un laps de temps, il est difficile de se bâtir un réseau social. Certains trouvent plein d’excuses pour ne pas sortir, mais on réussit à briser la solitude de certains. Dans un bâtiment où ils sont regroupés, ça favorise la socialisation, mais quand la personne est dans un «bachelor», ce n’est pas évident. On a des travailleurs de milieu et il faut travailler avec le service de police et le CLSC».
La présence de communautés culturelles contribue parfois à cet isolement. «Les communautés culturelles ont leur église, leurs activités et s’occupent de leurs aînés», soutient Mme Lapierre.
Dépistage et socialisation
Deux intervenants du Centre du Vieux Moulin visitent les cinq HLM de LaSalle pour les stimuler collectivement. «On fait aussi du privé. Si un aîné est en détresse, on voit comment on peut le soutenir. Il y a dépistage quand on va livrer un repas. Si un bénévole constate que l’aîné n’est pas comme à l’habitude, on peut envoyer une intervenante».
La socialisation compte dans la qualité de vie des gens. «Sortir de la maison pour une activité, devient plaisant mais des gens n’aiment pas socialiser. On les soutient à la maison, avec des visites d’amitié, des repas et une visite d’une intervenante de temps à autre».
Sans oublier la malnutrition. «On ne retrouve pas des aînés dans les banques alimentaires. Ce n’est pas dans leur mentalité,» affirme Hélène Lapierre.
Programme Pair pour l’ouest de l’Île
Dans le cadre du programme Pair, le Centre du Vieux Moulin offre des services gratuits d’appels de sécurité et/ou de rappels de prise de médicaments pour les aînés de l’Ouest de l’île.
«C’est informatisé et dans toutes les langues possibles pour les gens qui s’y inscrivent. Ça permet à un aîné seul de recevoir un appel tous les jours. S’il ne répond pas après trois reprises, on enclenche la procédure d’urgence. On appelle d’abord ses références et on fait la procédure d’urgence avant de faire le 911 en dernier recours. Ça renforce le sentiment de sécurité chez la personne», explique Hélène Lapierre.