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Carnet de Luce Lamarche

Le parcours bilingue d’Élodie Paradis

Élodie (baptisée Alodie-Virginie), née le 12 mai 1840 à L’Acadie (St-Jean-sur-Richelieu), est la fille unique des six enfants de Joseph Paradis et d’Émilie Grégoire. À cette époque, on est encore dans le marasme qui a suivi les échecs de l’Insurrection de 37-38 et le père, pour subvenir aux besoins de sa famille, va s’installer en 1845 dans le rang de la Tortue, non loin du village de St-Philippe de Laprairie où il loue un moulin désaffecté et y scie du bois, moud du grain et carde la laine.

Quand Élodie a 9 ans, sa mère décide de l’envoyer au pensionnat des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame à Laprairie. La même année, le père s’exile en Californie pour y chercher de l’or et la famille vit un temps à Napierville où Élodie poursuit ses études mais pour peu de temps car elle retourne au pensionnat de Laprairie en 1850.

Un jour, elle apprend par un voisin, Camille Lefebvre, qu’il y a une communauté religieuse dans la famille Sainte-Croix. Elle se présente donc au noviciat des Sœurs marianites de Sainte-Croix à St-Laurent près de Montréal le 21 février 1854. Elle n’a pas encore 14 ans et son père, qui sera de retour de la Californie en 1856, tente de la ramener à la maison mais en vain. Elle est acceptée comme novice sous le nom de sœur Marie-de-Sainte-Léonie, va aller enseigner à Ste-Scholastique près de Mirabel, prononcer ses vœux le 22 août 1857 et devenir enseignante, surveillante puis secrétaire de la supérieure à Varennes, Saint-Laurent et Saint-Martin (Laval).

En 1862, on l’envoie à New-York où les marianites ont un orphelinat, un ouvroir et une école pour les enfants pauvres et 8 ans plus tard, elle se joint à la branche américaine de la même communauté de Sainte-Croix pour y enseigner le français et les travaux à l’aiguille aux sœurs qui se destinent à l’enseignement.

Puis c’est le Michigan et, en 1874, on la retrouve à Memramcook, au Nouveau-Brunswick, au collège fondé en 1864 par son ancien voisin Camille Lefebvre qui a besoin de recrues et c’est là qu’Élodie trouve ce qu’elle estime être sa vocation : auxiliaire et collaboratrice des Pères de Sainte-Croix dans l’éducation des jeunes Acadiens.

Le 26 août 1877, 14 Acadiennes accueillies dans l’ouvroir qu’elle dirige endossent un habit et, en 1880, le chapitre général des pères de Sainte-Croix accepte l’idée d’une nouvelle fondation pour les besoins des collèges : l’Institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille.

Nommée supérieure de la communauté, mère Marie-Léonie n’arrivait pas à obtenir de Mgr John Sweeny, évêque de St.John, N.B., l’approbation de sa famille religieuse. En 1895, c’est Mgr Paul Larocque, évêque de Sherbrooke, en quête de personnel domestique pour son séminaire, qui accepte dans son diocèse la maison mère et le noviciat des Petite Sœurs et qui accorde cette approbation. Après 21 ans passés en Acadie, la fondatrice et son œuvre s’installent le 5 octobre au 10 rue Peel à Sherbrooke.

Mère Marie-Léonie meurt le 3 mai 1912 à la veille de ses 72 ans, après avoir créé 38 fondations

au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Ontario et aux États-Unis, dans les collèges et quelques

évêchés. L’institut comptait alors 635 membres. Elle avait su répondre aux besoins de son

époque. Elle a été béatifiée en 1984 à Montréal, lors de la visite du pape Jean-Paul II.

L’œuvre de sa communauté a fait l’objet d’un film, réalisé par Diane Létourneau en 1979, sous

le titre «Les Servantes du Bon Dieu».

Panne de clarté en 1814

Les 2 et 3 juillet 1814, dans la région de Québec et aussi loin que Cap-Chat en Gaspésie, il

régnait une grande obscurité accompagnée de fortes pluies, d’éclairs et de tonnerre. Sur le

fleuve, les navires ont dû jeter l’ancre. Il y aura bientôt 100 ans qu’est survenu cet accident

climatique inexplicable. («Chronologie du Québec

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