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Guerre des terrains de soccer sur le Plateau

Par stephanie.maunay@tc.tc
Où pratiquer le soccer sur Le Plateau-Mont-Royal? Une question que se posent beaucoup d’adeptes du ballon rond, et ceux du ballon ovale que sont les rugbymen. L’arrondissement affiche la plus forte densité de population, mais fait face à un manque de terrains praticables, ce qui entraîne des frictions et empêche les ligues de se développer pleinement.

« Ce n’est pas facile sur le Plateau, il n’y a pas beaucoup de terrains, explique Christian Leray, président de la Ligue amicale de soccer de Montréal (LASM). Le Plateau est un très gros demandeur. C’est un peu « la petite France » et qui dit Français, dit soccer. De plus, les personnes qui vivent ici n’ont généralement pas de voiture, alors ils veulent jouer dans leur arrondissement. »

En plus du manque criant de structures, le dirigeant regrette que les ligues récréatives soient servies après tout le monde. « Certains préfèrent réserver des terrains par tactique pour que d’autres n’y aient pas accès, même s’ils ne les utilisent pas », confie-t-il à demi-mot, laissant entendre qu’une « guerre des terrains» sévirait sur le Plateau. Une théorie corroborée par d’autres organismes sportifs qui préfèrent garder l’anonymat, de peur d’être mal vus dans l’arrondissement.

Un manque de structures adaptées

Le Plateau-Mont-Royal compte cinq parcs pour la pratique sportive, mais toutes les surfaces ne sont pas adaptées. « C’est là où le bât blesse, avoue François-Xavier Dutoy, président des Boucaniers, unique club de l’arrondissement reconnu par la Fédération de soccer du Québec. C’est niveau compétitif qu’il y a plus de problèmes. Seul le terrain synthétique de Jeanne-Mance permet de jouer à 11, et les heures auxquelles on y a accès ne sont pas suffisantes. »

De l’avis général, le revêtement synthétique est la meilleure réponse aux problèmes. Un terrain naturel ne peut être utilisé qu’une quinzaine d’heures au maximum par semaine, alors qu’un terrain synthétique peut supporter 24 heures de pratique.

Faut-il alors privatiser les terrains pour les organismes sportifs? Une « bonne question » à se poser selon Jean-François Quinton, responsable au Rugby Club de Montréal. « Il est difficile d’y répondre. En tant que sportif, je serais pour des restrictions, mais en tant que père de famille, je comprends que les jeunes aient aussi besoin de jouer entre eux, les fins de semaine. »

L’épineux dossier du parc Laurier

Cela fait plusieurs années que le terrain du parc Laurier pose problème. « Le parc a été fermé l’été dernier pour le laisser respirer et se régénérer. C’est une très bonne chose, estime M. Quinton. Mais depuis la réouverture, seuls les buts de soccer ont été remis. Ceux de rugby ont disparu. Implicitement, on a compris qu’on ne jouerait plus jamais nos matchs là-bas. La priorité est donnée au soccer. » Une décision qui attriste le club, implanté depuis 15 ans sur Le Plateau et au parc laurier. Mais le terrain n’est pas praticable non plus pour le soccer. « Pour l’instant, cette surface est inutilisable pour des matchs de championnat, explique M. Dutoy. Il n’est pas retenu par l’Association régionale de soccer Concordia, car il n’est pas jugé sécuritaire. Dans le meilleur des mondes, il faudrait le transformer en terrain synthétique, mais manifestement, il manque le budget pour l’envisager à court terme » , M. Dutoy.

Le maire et les élus du Plateau ont déjà reçu cette demande à plusieurs reprises. « Le transformer en surface artificielle n’est pas encore une option, indique Catherine Piazzon, chargée de communication à l’arrondissement. Mais les élus ne sont pas fermés à l’idée d’un nouveau mini-terrain synthétique » [NDLR : terrain à 7, comme celui qui ouvrira fin juin au parc La Fontaine].

Il y a un an, lors d’un conseil d’arrondissement, le maire, Luc Ferrandez, avait émis l’idée de lancer une consultation publique sur l’avenir du parc laurier à l’automne 2013. « On n’en a pas entendu parler, mais on serait très intéressé à participer et même à proposer l’élaboration d’un plan. Il faut qu’on puisse statuer sur ce dossier, car c’est le seul terrain naturel de taille adaptée au soccer et au rugby, argumente M. Quinton. »

Inquiétudes pour l’avenir

En attendant une possible transformation, le président des Boucaniers est inquiet : « Il va y avoir un problème la saison prochaine. On a beaucoup d’équipes qui jouent à 7 ou à 9, mais à partir de 13 ans, les jeunes passent au jeu à 11. Plusieurs de nos équipes vont basculer dans cette catégorie et je ne pense pas que toutes pourront jouer leurs rencontres sur notre territoire. Avoir un club qui n’est pas en mesure de tenir ses matchs maison dans son arrondissement n’est pas une situation souhaitable pour nos jeunes et leurs parents. »

La saison estivale ne risque pas d’améliorer les choses puisque certaines ligues ont déjà prévu de baisser leurs effectifs en raison du manque de place.

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