Une fillette attaquée par un chien
Catherine Bouchard
Dans le cas de l’attaque contre sa fille, le chien était pourtant attaché à un poteau. « Pour une raison qu’on ignore, la laisse a cédé. Le chien s’est alors élancé vers ma fille qui était à 40 pieds de là, l’a projetée sur le sol et l’a mordue au visage, près de la tempe. Ma mère est intervenue. Le chien l’a tenue pendant ce qui lui a paru une éternité. Ma fille s’en sort quand même bien, considérant les circonstances. Elle a eu quelques points de suture. On avait certaines craintes, mais son œil est sauf. Le problème, c’est que pour elle, maintenant, une laisse, ça ne veut plus rien dire. Elle a très peur des chiens. J’essaie de la rassurer, mais ce n’est pas évident », souligne Mme Bérubé.
Pour l’arrondissement, il paraît clair que le tout consiste en une infraction au règlement municipal. « Ce sont deux infractions à la réglementation. Tout d’abord, il y a évidemment la morsure. Ensuite, le règlement stipule clairement que le chien doit être tenu en laisse en tout temps par son propriétaire sur la voie publique. L’attacher à un poteau, ce n’est pas le tenir en laisse», explique le directeur des communications de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Michel Tanguay.
En 2013, une cinquantaine de constats d’infraction ont été distribués à des propriétaires de chiens délinquants sur le territoire du Plateau Mont-Royal. La Ville a augmenté ses interventions, puisque la sensibilisation ne semblait pas obtenir les résultats escomptés.
« Nous avons augmenté nos interventions en la matière depuis 2013. Par le passé, l’approche était beaucoup plus axée sur la sensibilisation. Or, vient un temps où cette approche ne suffit plus. Rien ne nous permet, toutefois, d’affirmer qu’il y a plus de chiens sans laisse maintenant qu’auparavant. Comme les amendes ont généralement un effet dissuasif, les infractions devraient, en principe, diminuer », affirme M. Tanguay.
Le poste de quartier(PDQ) 38 ne note pas d’augmentation du nombre de cas de morsures dans le secteur. « Le seul cas que nous avons eu cette année, dans lequel on nous a appelés, c’est celui du 8 mai dernier. On a un inspecteur canin qui arpente les parcs du secteur depuis 2013, mais ça fait partie de nos priorités pour cet été », mentionne l’agente sociocommunautaire PDQ 28, Mélanie Potvin.
Un parc à chiens?
Pour Mme Bérubé, il paraît toutefois évident qu’un parc à chiens devrait être envisagé dans le secteur.
« Malgré ce qui est arrivé à ma fille, les propriétaires de chiens ne reçoivent pas le message. Ils croient tous que leur chien est inoffensif, mais au final, c’est un animal, qui peut avoir des réactions imprévisibles. Je porte régulièrement plainte au 311 et au 911 à propos de chiens sans laisse, depuis que ma fille a été léchée par un chien au visage,il y a un an, alors qu’on piqueniquait au parc Baldwin. Évidemment, quand les policiers arrivent, le propriétaire de chien est déjà parti. Je comprends que la police a des choses beaucoup plus urgentes à régler. Tout ce que je veux, c’est qu’il y ait peut-être un parc à chiens clôturé dans le coin », raconte Mme Bérubé.
Le chien qui a attaqué la petite fille a été saisi, vendredi midi, par la SPCA et son sort sera déterminé au courant de la semaine par l’arrondissement. La mère de la fillette de quatre ans ne désire toutefois par jeter la pierre à la propriétaire du chien. « J’ai eu une conversation avec elle que je considère très satisfaisante. Elle est aussi bouleversée que moi par ce qui s’est passé. J’ai donc pris la décision de ne pas porter plainte. Je ne veux pas en rajouter. Le problème, c’est que plusieurs propriétaires de chiens font passer leur animal avant l’humain, ce qui n’est pas du tout son cas. Je suis bien tombée dans ma malchance, malgré tout », affirme Mme Bérubé.
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