Exposition Jour après jour
Sara Dabbagh et Babak Jaez sont un couple marié. Accompagné de leur belle-sœur photographe, Abnous Alborzi qu’ils ont développé cette exposition.
« En arrivant à Montréal, Babak et moi, on a fait l’acquisition de téléphone portable avec une excellente qualité de caméra. En étant dans une nouvelle ville, on s’est mis à documenter notre quotidien avec nos cellulaires, puisqu’un appareil professionnel, c’est plus encombrant. Pendant la même période, Abnous qui elle est toujours en Iran, s’est mise à faire pareil. Ça lui évitait d’avoir à s’expliquer lorsqu’elle fait de la photographie, puisqu’on doit avoir un permis pour cela là-bas », explique Mme Dabbagh qui est designer graphique à temps plein.
Cette façon de procéder permettait aux trois complices de capter les éléments spontanés de la vie de tous les jours.
« À force de prendre des photos, on oublie ce qu’on fait. J’ai commencé ce médium d’abord pour me permettre de capter en images mes peintures. Puis, à Montréal, Babak et moi, on s’est mis dans une espèce compétition de photos. Ça donne un résultat intéressant, parce qu’on a souvent les mêmes sujets, mais l’angle et les couleurs sont complètement différents », indique l’artiste.
La jeune femme de 32 ans souligne que son pays d’origine est un lieu dynamique en matière d’arts modernes, notamment, parce que la population est jeune.
« À Téhéran, il y a deux mondes très différents qui se côtoient. Celui très conservateur des autorités et celui plus caché, notamment des artistes. Pour les créateurs, ce peut être une source de créativité incroyable, parce qu’on trouve des façons de contourner les règles. Par exemple, une œuvre peut être très critique concernant le régime en place, mais puisqu’elle est abstraite, elle n’est pas forcément perçue ainsi par les autorités. Elle sera donc acceptée dans les galeries publiques. Dans celles privées, il n’est pas rare de voir de la nudité, par exemple. Ces expositions sont présentées à de nombreuses personnes jusqu’à ce qu’elles soient dénoncées et qu’elles soient interdites », explique l’artiste.
La galerie MEKIC semblait toute indiqué pour ces photographes, puisqu’elle se spécialise dans la diffusion d’œuvre de créateurs originaires du Moyen-Orient.
« En arrivant au pays, on cherche toujours des points de repère dans notre communauté d’origine. Nous connaissions donc déjà ce centre de diffusion d’arts visuels et ça allait de soi comme collaboration », mentionne Mme Dabbagh.
Exposition à la galerie MEKIC, du 6 septembre au 2 novembre, du mardi au vendredi de 11 h à 18 h et les samedis et dimanche de 12 h à 18 h, au 4438, rue de la Roche à Montréal. Information: 514-373-5777 ou par courriel: info@mekic.ca