Tempête musicale sur le Plateau
Tout a débuté en 2004, alors que le résident de Villeray, qui possède une petite compagnie de disques (Where are my records), a décidé d’organiser un événement pour donner de la visibilité aux artistes sous son aile.
« Je ne pensais pas nécessairement répéter l’événement, mais c’est devenu assez populaire. Chaque année, ça grossissait. C’est devenu un peu hors de contrôle », soutient-il.
Si le festival connaît un tel engouement, c’est parce que la musique underground à Montréal se porte bien, estime Jeff.
« On a probablement la scène la plus foisonnante du Canada. On a la chance d’avoir un mix culturel impressionnant. Autant en musique qu’en arts visuels, on est très choyé. Ce qui se fait est très original et créatif », fait-il valoir.
Mais comme le dit si bien le dicton, « nul n’est prophète dans son pays ». Le jeune homme ne comprend d’ailleurs pas pourquoi les artistes d’ici sont encensés partout où ils passent, alors qu’à Montréal, plusieurs peinent à se faire connaître.
« Le monde de la musique est très contrôlé, c’est trop grand public. On a peur d’oser, d’aller chercher l’originalité, de creuser pour voir ce qui se cache en dessous. On le fait de moins en moins. On doit donc se tourner vers les radios collégiales », fait-il valoir.
C’est justement pour proposer une alternative à cette offre musicale standardisée qu’Under the snow a vu le jour.
« Les autres festivals ont beaucoup plus d’argent, ils peuvent donc se permettre d’avoir des artistes européens ou des plus gros noms québécois. Cependant, ils restent dans la facilité pour être sûrs de remplir des salles. Nous, on prend des risques. On veut amener l’auditeur à découvrir de nouvelles choses.
« On est chanceux, car on a des artistes qui sont prêts à nous accompagner dans ce risque. Certains acceptent de diminuer leurs profits, pour éviter que l’on perde de l’argent au final. Bien que l’on ne reçoive aucune subvention, on arrive à réinvestir l’argent de nos commandites dans le festival pour arriver au déficit zéro », explique Jeff.
Sortir du quartier
Ancré dans le Mile End depuis ses débuts, Under the snow s’étend, cette année. En plus de la Sala Rossa (4848, boulevard Saint-Laurent), de la Casa del popolo (4873, boulevard Saint-Laurent) et du Quai des brumes (4481, rue Saint-Denis), le festival proposera des shows à la taverne Jarry (552, rue Jarry Est), située dans Villeray.
« On prend un guess avec une nouvelle salle qui ne se retrouve pas dans le Plateau. C’est l’fun, mais faut voir comment ça va aller. C’est récent qu’ils font des spectacles là et on trouvait ça intéressant de s’associer avec eux », indique-t-il.
Au total, une dizaine de spectacles sont prévus, notamment ceux de Thierry Bruyère (8 mars, 20 h), et du Torontois Hayden (8 mars, à 20 h 30).
Le festival Under the snow est présenté du 7 au 10 mars. Durant la fin de semaine (9 et 10 mars), de 11 h à 17 h, se tiendra le quatrième Salon du disque et des arts underground de Montréal (SDAUM) à l’église Saint-Denis. Pour en savoir plus et consulter la programmation complète: www.underthesnow.ca