MISE À JOUR: Printemps scolaire à Saint-Pierre-Claver
Le rendez-vous a été donné à 7 h 30 devant l’école, juste à temps pour l’arrivée des élèves qui coïncide avec l’heure de pointe du matin. Marianne Giguère, membre du comité sécurité de l’école Saint-Pierre-Claver estime la foule réunie à 75 personnes (parents et enfants). Du côté des Services de police de la Ville de Montréal (SPVM), on parle plutôt d’une trentaine d’adultes.
La délégation, accompagnée de l’agente sociocommunautaire du poste de quartier 37, se trouvait à l’intersection, afin de sensibiliser les automobilistes à la vitesse en zone scolaire. En clin d’œil aux manifestations de casseroles, des petits groupes de parents traversaient la rue, lorsque le feu de circulation virait au vert, faisant ainsi le tour de l’intersection.
C’est alors que quatre policiers sont arrivés et ont demandé aux manifestants de rester sur le terrain de l’école. L’incident a été dénoncé sur les médias sociaux. Selon plusieurs, les policiers auraient évoqué le règlement P6, qui oblige les organisateurs à fournir un itinéraire, pour mettre fin au rassemblement. Il n’a pas été possible de confirmer cette information auprès du SPVM.
Du côté du comité de parents, c’est l’incompréhension totale.
« On ne sait pas ce qui a pu se passer. L’agente sociocommunautaire a été appelée par la directrice de l’école, Mme Perelman. Peut-être qu’elle ne lui a pas mentionné qu’on avait l’intention de traverser la rue. On n’a pas d’itinéraire, on tourne en rond sur un coin de rue! On ne bloque pas la circulation. Y a-t-il eu une plainte? On l’ignore », fait valoir Mme Giguère, indiquant que l’intervention policière est survenue au moment où les élèves rentraient en classe et que la manifestation tirait sur la fin.Aucune contravention n’a été donnée lors de cette manifestation.
L’agent Champoux, relationniste du SPVM, pour sa part, indique que « la demande qui a été faite aux parents est de rester sur le terrain de l’école. Les parents ont bien voulu le faire ». Pour toute autre question, il nous réfère à Ian Lafrenière, des relations médias.
Selon lui, une rencontre entre les parents d’élèves et les policiers a été organisée le lendemain de l’incident.
« Lorsque qu’on a parlé de fournir l’itinéraire, ça ne s’appliquait pas dans ce cas-là. Quand il s’agit du règlement P-6, ce ne sont pas les policiers des postes de quartiers qui l’appliquent, c’est vraiment le centre de commandement. Ce n’est pas laissé au hasard. Quand on a une démonstration citoyenne pacifique, ce n’est pas une manifestation.
« Selon moi, il y a une chose qui passe par-dessus toutes les lois et c’est le gros bon sens. Si le policier va voir les gens et leur demande de se placer en bordure de la rue parce qu’il y a de la place, je trouve que c’est du gros bon sens. Je suis d’accord sur le fond [de l’intervention], mais où il y a eu un quiproquo, c’est en ce qui a trait au règlement. P-6 ne s’appliquait pas du tout, il s’agit d’une mauvaise interprétation », soutient M. Lafrenière, qui a indiqué que les policiers ont été déployés sur place pour « assurer la sécurité des gens ».
Ralentissez, s’il vous plaît!
Reconnue pour ses enjeux de sécurité routière, l’école Saint-Pierre-Claver n’en est pas à sa première activité de mobilisation et de sensibilisation.
« Le message qu’on veut faire passer, c’est que les automobilistes traversent une zone scolaire. D’où notre présence avec nos pancartes. On demande l’implantation d’une limite de 30 km/h, comme c’est le cas dans les banlieues. Ce n’est pas pour rien, c’est parce qu’on sait qu’un impact à cette vitesse-là est beaucoup moins important qu’à 50 km/h.
«Ce n’est pas parce qu’on a choisi de vivre dans un quartier central densément peuplé que la sécurité des enfants ne doit pas être une priorité. Pourquoi la priorité est mise sur la fluidité et la vitesse, quand on a près de 400 enfants qui traversent là chaque jour. Comme le quartier est densément peuplé et petit, la majorité se déplace à pied et en vélo », insiste-t-elle.
S’il y a de la sensibilisation à faire du côté des voitures, il y en a aussi à faire auprès des parents, estime Mme Giguère.