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Revitalisation de la Main : un détail à la fois

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Le boulevard Saint-Laurent accuse un taux de vacance de 8,8 %, dévoile une étude du Groupe Altus réalisée à l’automne pour le compte de l’Association des sociétés de développement commercial (SDC) de Montréal. Or, la situation ne serait pas si dramatique, soutient le président de la SDC Boulevard Saint-Laurent, Bruno Ricciardi-Rigault.

Ce dernier affirme que le taux de vacance de son artère commerciale oscille plutôt autour de 5 %.

« J’ai fait un relevé à pied sur la rue et j’ai constaté qu’il n’y avait que 13 locaux à louer sur près de 300. Ça s’est beaucoup amélioré. L’étude a été réalisée en novembre, mois où les gens sont toujours un peu plus pessimistes. Ils sont biaisés par la température et les affaires qui ralentissent », estime M. Ricciardi-Rigault, pour qui les zones plus problématiques se situent au sud de l’avenue des Pins.

Selon lui, la vitalité de l’artère passe par l’offre de produits spécialisés qu’il est impossible de retrouver ailleurs. La Main possède actuellement deux créneaux, les meubles et les bars, lui permettant d’aller chercher une clientèle bien ciblée.

Cependant, l’impact de ces deux « spécialités » sur la vitalité économique est mitigé. Les meubles ne font pas partie des biens courants et rares sont les gens qui achètent un sofa chaque semaine. Pour ce qui est des bars, leur horaire d’activité diffère de celui des boutiques, ne générant ainsi pas de flux de clientèle pour les commerces.

Diversifier l’offre

Pour pallier ce problème, M. Ricciardi-Rigault concède qu’il faudrait arriver à diversifier un peu l’offre. Toutefois, il croit qu’il est difficile d’attirer des boutiques de biens courants, en raison du prix élevé des loyers.

« Pour le moment, il y a un petit déséquilibre. C’est sûr qu’il n’y a pas 150 personnes qui viennent acheter des meubles dans tous les magasins, chaque jour. Ça amène un peu moins de clients, mais les boutiques s’en sortent avec la vente online. Au sud aussi, c’est un peu trop spécialisé avec les bars.

« Les nouveaux commerçants, il faut aller les chercher petit à petit, en s’attardant aux détails comme la propreté. Après les travaux sur Saint-Laurent, ç’a vraiment été catastrophique. Puis, il y a eu la crise économique. Ce qui va faire la différence, c’est la mise en valeur la culture de la Main. Toutes les communautés culturelles sont passées par ici, il y a aussi des centaines d’artistes qui habitent le quartier, comme DJ Champion et Patrick Watson. Il faut faire parler du boulevard d’une manière positive, sans faire de la pub, notamment grâce à nos activités artistiques », indique le propriétaire du café Laïka.

En effet, M. Ricciardi-Rigault s’efforce de redorer l’image du boulevard Saint-Laurent, estimant « qu’on n’attire pas des mouches avec du vinaigre ».

« J’ai choisi l’option affirmée de ne passer que des messages positifs. Il n’y a aucun intérêt à dire que ça va mal et que les gens ne peuvent pas se parker. Ce n’est pas attrayant, ni pour les commerces, ni pour la clientèle », déclare-t-il.

Jeunes professionnels branchés

Une autre caractéristique de la Main est l’industrie des services professionnels. Dans les étages supérieurs, on retrouve des centaines d’entreprises œuvrant en architecture, en multimédia, dans l’industrie du cinéma, etc.

« On a plus de 300 entreprises d’avant-garde qui emploient des milliers de gens. C’est une clientèle qui a un donc pouvoir d’achat et qui a un goût pour les choses uniques et branchées. La présence de ces entreprises est stimulante pour les commerces », fait valoir M. Ricciardi-Rigault.

Et la rue Saint-Denis?

Le journal Le Plateau a collicité une entrevue avec le directeur général de la SDC Pignons rue Saint-Denis, Joël Pourbaix. Pour une raison qui échappe à notre contrôle, l’entrevue avec M. Pourbaix n’a pas pu avoir lieu.

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