Le Comité logement du Plateau-Mont-Royal dépose une motion
L’organisme demande de nouvelles mesures pour que cesse la conversion de logements en condos
Lors du dernier conseil d’arrondissement, le Comité logement du Plateau-Mont-Royal a déposé une motion sur la conversion de logements en condos. L’organisme interpelle les élus du Plateau afin qu’ils demandent au gouvernement du Québec de changer la loi sur la Régie du logement. L’objectif ? Que cesse cette pratique de plus en plus courante dans l’arrondissement.
L’an dernier, le nouveau propriétaire d’un immeuble de la rue Garnier avait tenté d’expulser ses locataires pour revendre chaque logement à la pièce et en tirer un profit substantiel. Les locataires s’étaient rassemblés pour protester et faire valoir leurs droits. L’histoire, médiatisée, avait fait du bruit. Le propriétaire s’était donc désisté, jusqu’à la prochaine fois. « Depuis, le bloc a été vendu et le nouveau propriétaire a les mêmes projets que le précédent. C’est un combat de longue haleine », indique Paule Lespérance, organisatrice communautaire au Comité logement du Plateau- Mont-Royal.
Dans la foulée de cette histoire, plusieurs locataires dudit bloc de la rue Garnier sont devenus membres du Comité logement, créant un groupe de travail sur la problématique. La petite équipe est à l’origine de la motion déposée au conseil d’arrondissement d’octobre.
Dans la motion, le comité logement prie les élus du Plateau de « demander au Gouvernement du Québec d’apporter des modifications à la Loi sur la Régie du logement afin d’inclure la copropriété indivise à la section 3 (…) ». Le comité suggère également à l’administration Ferrandez « de demander une vigilance accrue de la part de la Régie du logement pour contrer les reprises de mauvaise foi » et « d’envoyer une copie de la motion à tous les membres de l’Assemblée nationale dont les circonscriptions sont sur le territoire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal ».
Moratoire contourné
Même s’il existe un moratoire qui interdit la conversion de logements en condos depuis les années 70 sur l’île de Montréal, des cas comme celui-ci explosent sur le Plateau, un territoire particulièrement convoité par plusieurs spéculateurs qui trouvent d’ingénieuses façons de contourner ledit moratoire.
« Étant donné que l’arrondissement n’a pas de pouvoir direct sur la loi qui pose problème (il s’agit d’une loi provinciale), nous demandons aux élus de l’arrondissement du Plateau de demander à l’institution qui a le pouvoir de modifier la loi, donc le gouvernement du Québec, d’agir, ajoute Mme Lespérance. Nous croyons qu’il est important que les élus du Plateau soient impliqués dans notre démarche, et nous croyons qu’il est de leur devoir d’alerter les institutions compétentes lorsque les citoyens qu’ils représentent sont victimes d’injustices qui appellent à une réforme législative. D’autant plus que le moratoire sur la conversion en condos existe depuis 1975 à Montréal, nous croyons qu’il est important que les élus avertissent le ministère qui l’a mis en place qu’il est devenu caduque, qu’il n’est plus du tout efficace, étant donné la facilité qu’ont les spéculateurs à le contourner ».