Des bâtiments patrimoniaux menacés de démolition
L’organisme Héritage Montréal déplore la possible démolition de deux édifices patrimoniaux situés sur l’avenue de l’Esplanade, dans Le Plateau-Mont-Royal.
L’association de défense du patrimoine architectural montréalais estime que des actions auraient dû être prises bien avant par la Ville de Montréal pour préserver ces immeubles du Mont-Royal.
Les constructions, datant de 1904, sont une conception du célèbre architecte Jean-Zéphirin Resther. Il est aussi derrière le design du Collège du Mont-Saint-Louis et du sanctuaire du Saint-Sacrement.
Les deux édifices de l’avenue de l’Esplanade sont mal en point depuis longtemps. Le 4413 est dans un état tel que des barrières ont été installées tout autour pour sécuriser le périmètre. Les planchers du bâtiment sont défoncés et la façade est la proie des graffiteurs.
C’est sur le site Internet d’Héritage Montréal qu’un citoyen, Philippe Despres, a exprimé son inquiétude face à l’avenir de ces bâtiments. Depuis, plusieurs se sont indignés de la situation sur les réseaux sociaux.
De son côté, le chargé de communications du Plateau-Mont-Royal, Michel Tanguay, précise que l’arrondissement a envoyé des avis de non-conformité à de nombreuses reprises. «En février 2013, on a fait appel aux services juridiques pour réclamer une injonction pour obliger le propriétaire à agir», indique-t-il.
Après des études faites par un ingénieur, mandaté par le propriétaire, il s’est avéré que le 4413 était trop délabré pour être sauvé.
«On a demandé au ministère de la Culture, puisque c’est sur le site patrimonial du Mont-Royal, l’autorisation de démolir. Il a consenti en août 2014, à condition de préserver la façade», ajoute M. Tanguay.
Les analyses techniques de l’ingénieur du propriétaire mentionnent toutefois que, pour des raisons de sécurité, il est impossible de préserver la façade. Il propose plutôt son démantèlement, en numérotant les pierres, pour une reconstruction éventuelle. «Le ministère a rejeté cette proposition en avril 2015. Depuis, le dossier stagne.»
Actuellement, d’après les analyses techniques, le 4403 serait en meilleur état, car le propriétaire occupe les lieux.
Agir
«Ça fait 25 ans qu’on laisse ces édifices se dégrader. Comment ça se fait qu’on a laissé ça traîner aussi longtemps?», se questionne le directeur d’Héritage Montréal, Dinu Bumbaru. L’organisme réclame des actions concrètes.
«Les pompiers et la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) n’envoient pas des avis, ils agissent! Il faut trouver une façon de rendre la réglementation agile pour éviter des cas comme ceux-ci», continue M. Bumbaru.
Le conseiller de Ville du district Jeanne-Mance, Alexander Norris, abonde dans le même sens. «Le cas était flagrant et choquant dès notre élection en 2009. Les autorités municipales devraient avoir le pouvoir de forcer la vente dans des cas aussi évidents de négligence», croit l’élu.
Ce dernier assure qu’il luttera pour la rénovation du 4403, pour lequel un espoir de préservation demeure.