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Meurtres à Tétreaultville : un quartier sous le choc

Meurtres à Tétreaultville : un quartier sous le choc
Crédits : Naomie Gelper

 

À la suite du double homicide commis dans le quartier Tétreaultville mardi soir, des citoyens et des politiciens se sont recueillis à la mémoire des deux jeunes victimes devant la maison familiale où est survenu la tragédie.

Jonathan Pomares a vraisemblablement assassiné ses deux enfants avant de s’enlever la vie. C’est la mère qui a fait la découverte à son retour du travail. À la mémoire d’Élise, 5 ans, et Hugo, 7 ans, et en soutien à la mère, plusieurs personnes du quartier continuent de laisser des témoignages devant l’entrée de la maison.

À 18h aujourd’hui, près d’une soixantaine de personnes, cierges et lampions à la main, étaient réunis à l’angle de la rue Curatteau et de l’avenue Pierre-de-Coubertin. Certains étaient là depuis 16h30, dont une voisine qui est venue se recueillir tous les jours depuis mardi. « Ça me touche énormément, a lâché une résidente du quartier les larmes aux yeux. Surtout quand il est question d’enfants, ils sont sans défense. »

Crédits : Naomie Gelper

La coordinatrice de l’organisme Info-Femmes Anick Paradis a été approché par la conseillère de ville du district Tétreaultville Suzie Miron pour organiser l’évènement. « On avait fait un rassemblement similaire, il y a deux ans, alors que deux femmes avaient été tuées sur la rue Souligny », a expliqué Anick Paradis. 

Suzie Miron a d’ailleurs récité un poème de Victor Hugo en mémoire des victimes. Pour Anick Paradis, il y avait un besoin de la part des citoyens de se recueillir et de soutenir la mère. « C’est important qu’on se solidarise autour de la violence, a souligné la coordinatrice dans une allocution. C’est une violence faite aux enfants, mais qui touche directement la maman aussi. C’est une histoire de violence, de prise de contrôle, de prise de pouvoir et c’est épouvantable. » 

Crédits : Naomie Gelper

Depuis mardi, des gens viennent déposer plusieurs peluches, des lettres, des dessins et des bougies devant l’entrée de la maison. « Tout notre quartier est en deuil. Il n’y a pas d’explication et il n’y en aura jamais », peut-on lire sur une feuille collée aux barreaux du porche. 

Crédits : Naomie Gelper

Un séjour à l’hôpital quelques jours avant

Le couple était en instance de divorce et l’homme de 40 ans aurait excessivement mal réagi à cette annonce. Le 13 octobre, il aurait été conduit à l’hôpital pour une intoxication ainsi que pour avoir manifesté vouloir mettre un terme à ses jours. 

Jonathan Pomares aurait ensuite été transféré à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, le 14 octobre, où il aurait été évalué par un psychiatre. 

Le lendemain, le père de famille aurait été vu par un autre psychiatre qui l’aurait évalué avec un risque suicidaire faible. Après quoi, l’homme aurait obtenu son congé. Un rendez-vous de suivi dans une ressource intermédiaire aurait était prévu le jeudi 24 octobre.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal s’est refusé à tout commentaire. « C’est un drame inconcevable », a déclaré, jeudi, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann qui soutient vouloir faire la lumière sur ce qui s’est passé à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

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