Mercier & Anjou

Fusillade à Anjou: un quartier «tranquille», mais ébranlé

Les policiers interrogeaient les résidents du quartier vendredi avant-midi. Photo: Jason Paré, Métro

Le 32e meurtre de l’année est survenu dans un quartier résidentiel d’Anjou jeudi. Si plusieurs citoyens expriment leurs craintes dans la foulée de cette fusillade qui s’est produite en pleine heure du souper, d’autres relativisent tout de même l’événement, plutôt inhabituel dans le secteur.

Vendredi avant-midi, des policiers parcourent le boulevard des Roseraies et cognent aux portes de chacune des résidences pour recueillir des témoignages, mais également pour rassurer la population.

Un peu plus au sud, place Cointerel, le cul-de-sac où la victime de 20 ans – décédée à l’hôpital – a été retrouvée dans son véhicule, il reste peu de traces de l’événement. La voiture a été remorquée et le périmètre de sécurité a été démantelé. Des éclats de verre sont les seuls indices de l’échange de coups de feu qui a eu lieu à cet endroit la veille.

Un résident de la place Cointerel était au travail lorsque la fusillade s’est produite, mais ce dernier affirme qu’il y a souvent des transactions qui se font dans le cul-de-sac, puisqu’il y a peu de circulation dans le secteur.

Le père de famille soutient que, malgré cela, le quartier est un coin tranquille.

L’une de ses voisines du boulevard des Roseraies se dit un peu inquiète, mais pas outre mesure, puisque ce genre d’événement n’est pas courant dans le quartier.

Un autre niveau

N’empêche, plusieurs résidents craignent de marcher seuls dans les rues le soir.

Habitant sur le boulevard des Galeries-d’Anjou, où la seconde victime de 17 ans – légèrement blessée – a été retrouvée, Marie-Jeanne n’a pas entendu les coups de feu, mais a assisté au déploiement policier.

Elle se dit suffisamment inquiète pour remettre en question son choix d’habiter dans le quartier.

«Honnêtement, si j’avais la possibilité de déménager, oui, je le ferais. C’est juste qu’avec un chien, c’est un peu difficile de se trouver un appartement, mais c’est sûr que je n’aime pas vraiment me promener le soir en ce moment et que je surveille mes arrières.»

La résidente soutient qu’elle a l’habitude de voir des jeunes et des policiers dans le secteur, ces derniers intervenant parfois lorsqu’il y a des disputes, «mais là, ça atteint un autre niveau».

Le propriétaire de la boutique de jeux de société Ludold, également située sur le boulevard des Galeries-d’Anjou, prévoyait prolonger ses heures d’ouverture pour la période des Fêtes, mais cet événement remet en question ses plans.

«Le jeudi, on ferme à 20h, et je voulais rester ouvert tous les jours jusqu’à la même heure à partir de la semaine prochaine», raconte-t-il, mais son employé présent à la boutique lors de l’événement lui a dit qu’il préférait que le commerce ferme à 18h.

Le propriétaire partage l’inquiétude de son employé, puisqu’il lui arrive de demeurer à la boutique après la fermeture, parfois jusqu’à 23h.

«Un endroit sécuritaire»

Tant du côté du SPVM que de l’arrondissement d’Anjou, on se veut rassurant.

Dans une infolettre envoyée par l’arrondissement, la nouvelle commandante du poste de quartier 46, Hélène Mercier, indique qu’elle «a pris la décision d’augmenter la présence policière dans le secteur. Un plus grand nombre de policiers sont donc présentement sur le terrain afin de rassurer et protéger les résidents.»

Joint par Métro, le maire Luis Miranda soutient que son administration tente «par tous les moyens avec la police de faire en sorte qu’Anjou soit un endroit sécuritaire» et rappelle que les événements de ce genre «sont des cas isolés».

«Ce qui arrive aujourd’hui, pour moi, c’est un manque d’effectifs au SPVM.»

Le maire déplore que la promesse électorale d’engager 250 policiers de plus ne serve en fin de compte qu’à remplacer les agents partant à la retraite.

«Ça prend de la présence policière», soutient-il, mentionnant du même coup l’importance de l’intervention communautaire «pour occuper les jeunes».

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