Mercier & Anjou

L’administration de MHM égratignée par la conseillère de Louis-Riel

Alba Stella Zúñiga Ramos, conseillère de ville du district de Louis-Riel Photo: Josie Desmarais, Métro

La mairie de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve doit faire face à plus de dissension depuis les élections municipales de 2021 puisque deux conseillers sur quatre font dorénavant partie de l’Opposition officielle. Ces derniers dénoncent une certaine «centralisation» du pouvoir et de l’information.

Avant les élections, seulement le district de Louis-Riel était représenté par une élue de l’Opposition officielle, Karine Boivin-Roy.

Dans le cadre du nouveau mandat du maire de MHM, Pierre Lessard-Blais, en plus d’Alba Stella Zúñiga Ramos, qui a repris le district de Louis-Riel sous la bannière d’Ensemble Montréal, son collègue Julien Hénault-Ratelle représente maintenant les électeurs de Tétreaultville, la conseillère sortante Suzie Miron ayant été défaite par à peine 55 voix.

Quatre motions ont été adoptées à l’unanimité lors du conseil d’arrondissement de MHM du 7 février, sur divers sujets tels que le maintien d’un bureau de poste dans Tétreaultville, le REM de l’Est ou encore la persévérance scolaire.

Cette bonne entente n’a pas empêché Alba Stella Zúñiga Ramos d’égratigner l’administration de Pierre Lessard-Blais, qui a affirmé que les élus de l’Opposition officielle se sentent isolés, voire exclus.

Nous avons l’impression parfois que le climat de travail instauré dans l’arrondissement peut avoir comme conséquence d’isoler l’Opposition officielle et de centraliser un peu le pouvoir et l’information donnée.

Alba Stella Zúñiga Ramos, conseillère de Louis-Riel

Affirmant que cette attitude est contraire aux principes du système démocratique, la conseillère de Louis-Riel prêche pour «une compétition saine entre les différentes sources de pouvoir».

Des divisions physiques

Pour soutenir son propos, Alba Stella Zúñiga Ramos a donné divers exemples. Elle a entre autres rappelé l’exclusion des élus de l’opposition des rencontres stratégiques avec la CDPQ Infra, une situation dénoncée par Julien Hénault-Ratelle plus tôt cette année.

L’élue a également souligné l’impossibilité pour les conseillers de communiquer directement avec les fonctionnaires de MHM, ou encore le refus de leur donner accès à certains documents clés, comme celui proposant des scénarios alternatifs au tracé du REM de l’Est et commandé par l’arrondissement.

Alba Stella Zúñiga Ramos a aussi reproché au maire d’avoir fait la demande que les bureaux des élus de l’Opposition officielle soient séparés de ceux des autres élus et employés de soutien, «apparemment pour des questions de confidentialité».

«Comment parler de véritable collaboration quand on veut créer des divisions physiques?», s’est interrogée la conseillère de Louis-Riel, ajoutant qu’elle y voit une dépense inutile. Pour l’ensemble de ces raisons, l’élue a demandé au maire de reconsidérer la façon de fonctionner dans l’arrondissement.

C’est tout à l’honneur de la conseillère de Louis-Riel de s’inquiéter de l’état de notre démocratie, mais les orientations de l’arrondissement sont conformes à la réglementation municipale, au code d’éthique de la Ville et à la Loi sur les cités et villes du gouvernement du Québec.

Pierre Lessard-Blais, maire de MHM

Selon l’alinéa 52 de la Loi sur les cités et villes, le «maire exerce le droit de surveillance, d’investigation et de contrôle sur tous les départements et les fonctionnaires ou employés de la municipalité, à l’exception du vérificateur général […]. Il soumet au conseil tout projet qu’il croit nécessaire ou utile, et lui communique toutes informations et suggestions relatives à l’amélioration des finances, de la police, de la santé, de la sûreté, de la propreté, au bien-être et au progrès de la municipalité.»

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