Quand apprendre à pêcher est aussi une façon de se réaliser
« Nous avons rapidement compris, non sans être quelque peu désillusionnés, que le but de toute cette aventure n’était pas de faire de ces jeunes des monteurs professionnels ou des lanceurs de distance. Le but était de leur « donner de l’air dans la tête », de leur donner le goût du montage, de la pêche et de la nature en général. Et que cette activité permette à ces enfants d’avoir la tête ailleurs, loin de leurs problèmes et de leur quotidien comble amplement nos attentes. Nous voulons leur donner les moyens et la motivation de continuer en ce sens grâce à la pêche et à la découverte de la nature. », raconte Martin Fleury dans un article publié dans l’édition été 2011 de la revue Saumons illimités.
Ateliers de montage de mouche
Le projet initié à l’hiver 2010 par ces deux bénévoles aura permis à ce jour à plus de 30 jeunes entre 7 et 16 ans, filles et garçons, de découvrir non seulement les joies de cette activité, mais aussi de vivre des valeurs importantes. Et la portée de cette activité sur les enfants est grande!
Jean-Pierre étant lui-même propriétaire du centre Je Pêche à la Mouche, il s’est tout d’abord assuré que la formation offerte durant les ateliers était complète : montage de mouche, ateliers de lancers, découverte de la nature et écologie, biologie et habitat du poisson, techniques de pêche, manutention, remise à l’eau ou conservation du poisson, sécurité et enfin éthique et réglementation de la pêche au Québec. Après quoi, les jeunes seraient prêts à mettre leurs mouches à l’eau!
Tout au long de l’année scolaire, les jeunes ont ainsi persévéré pour apprendre non seulement la technique mais aussi pour être présents semaine après semaine : « D’ailleurs, nous ne prenons pas les présences, mais chaque fois qu’un jeune est absent, il nous revient avec une explication et insiste pour nous en faire part. Et surtout, ils sont déçus d’avoir manqué le dernier montage! », confie Martin dans la revue Saumons illimités 90. L’apprentissage du montage de mouche aura par ailleurs poussé les enfants à développer leur motricité, leur créativité et leur capacité de concentration puisqu’il aura fallu s’y reprendre plus d’une fois dans plusieurs cas. Voyez les jeunes en action dans cet album.
Sorties de pêche
Après avoir acquis les connaissances théoriques nécessaires, les jeunes ont pu prendre part à des pratiques de lancers avec des cannes à pêche dans un parc du quartier. Avec ces dernières compétences acquises, les jeunes étaient maintenant prêts à capturer leurs premières truites avec des mouches qu’ils avaient eux-mêmes fabriquées.
Des sorties ont donc été organisées en juin 2010 puis en juin 2011 par les deux bénévoles en présence d’une éducatrice du centre AED au parc Découverte nature de Baldwin, à Coaticook. Les enfants ont pu y faire leurs premières prises… et ils n’étaient pas peu fiers! Voyez les photos.
Des liens solides
La pêche à la mouche aura également donné la chance aux enfants de socialiser, de vivre des moments valorisants et de créer un réel sentiment d’appartenance face à un groupe. Ici, pas question de compétition, les initiés montrent les trucs du métier aux nouveaux venus, les plus vieux aident les plus jeunes.
L’approche de Jean-Pierre et Martin aura aussi favorisé qu’un esprit d’entraide s’installe au sein du groupe. Ils représentent tous deux de beaux modèles pour les jeunes et un attachement profond s’est créé entre eux et les enfants. Cette forme de mentorat permet de développer une relation positive et significative avec des adultes et Dr Julien y accorde beaucoup de valeur. Puis, Jean-Pierre et Martin ont développé à leur tour un sentiment de fierté, en voyant les jeunes évoluer. Ils croient à leur potentiel et au fait que la pêche à la mouche puisse leur permettre de se réaliser, de mieux se connaître à plusieurs niveaux. Jean Pierre raconte : « En donnant ces ateliers, j’ai l’impression d’être utile et j’en retire certainement autant que les jeunes et peut-être même plus! J’invite d’ailleurs les gens à devenir bénévole à la Fondation du Dr Julien, c’est une formidable expérience que le contact avec les jeunes. »
L’aventure se poursuit en 2012… et s’expatrie
Les ateliers ont repris à l’hiver 2012 et ont accueillis de nouvelles inscriptions, souvent des jeunes qui ont été invités par d’actuels participants : frères, sœurs, amis. Le groupe de pêche à la mouche ne cesse donc de s’agrandir et les jeunes sont de plus en plus autonomes. Certains sont même retournés pêcher par eux-mêmes et fabriquent leurs propres mouches à la maison.
De plus, Jean-Pierre a comme rêve d’expatrier le projet et de permettre aux jeunes fréquentant d’autres centres de pédiatrie sociale en communauté de vivre cette expérience. Le centre de pédiatrie sociale de Québec devrait d’ailleurs offrir des ateliers prochainement avec l’appui d’un bénévole de la région. Pour financer le projet, un événement-bénéfice sera organisé le 31 mars 2012, soit une rencontre avec le monteur de mouches Michel Lemay.
De généreux commanditaires
La Fondation du Dr Julien aimerait tout d’abord remercier Martin et Jean-Pierre et saluer leur engagement des deux dernières années. Puis, par un don de 6000 $ et des permis de pêche, la Fondation de la faune du Québec a été un appui essentiel dans cette activité. Cannes à pêche et outils spécialisés, tout a pu être acheté afin que les jeunes aient accès à du matériel professionnel.
Les deux bénévoles ont enfin sollicité d’autres partenaires autour d’eux afin d’offrir aux jeunes un ensemble de montage de mouches et leur permettre d’être autonomes pour poursuivre l’activité. Vous trouverez la liste de ces partenaires dans cet article publié sur le site Je Pêche à la Mouche.