Le docteur Julien lance un appel
Une meilleure concertation entre l’État et la communauté, des services plus proches des enfants, un plus grand travail d’équipe ; la tâche est colossale, la pente longue à gravir, mais « pas impossible », selon le Dr Julien. Ce dernier a mis sur place plusieurs centres de pédiatrie sociale en communauté, dont un dans Hochela-Maisonneuve, sur la rue Aylwin.
L’appel à l’aide
Deux événements ont déclenché le besoin du célèbre médecin d’écrire un plaidoyer. Récemment, deux écoles ont fermé dans Hochelaga-Maisonneuve à cause de moisissures. « C’est de la négligence envers nos enfants de les avoir exposés si longtemps à ce risque pour leur santé ». Aussi, l’émission Enquête, diffusée à Radio-Canada le 16 février, faisait état de centres d’urgence pour les enfants exclus des familles d’accueil, la ressource Lafontaine et le centre La Transition, dont le Dr Julien dénonce les pratiques depuis deux ans. Les enfants ne sortaient jamais dehors, et les gens qui en prenaient soin n’avaient pas les compétences requises, entre autres choses. « Des situations comme ça, ça me met hors de moi », raconte le médecin.
Travailler ensemble
Selon le pédiatre, « on échappe plein d’enfants ». Il explique que la division est trop grande entre la médecine et le social, qui font pourtant partie intégrante du processus d’aide aux enfants.
Dans son plaidoyer, le Dr Julien écrit que « (…) la prise en charge des services aux enfants par l’État est une erreur ». Il n’est pas contre l’État, mais croit qu’il devrait y avoir une commission à l’enfance, existant dans plusieurs pays, qui pourrait surveiller l’État dans sa gestion des enfants. « Quand la DPJ prend en charge un dossier, tous les intervenants précédents (travailleur social, orthopédagogue, etc.) sont évacués », explique-t-il. Il faut donc une meilleure communication, pour que tous arrêtent de travailler « en silos ».
Le Dr. Julien garde espoir. « Je sens une grande ouverture, une demande pour que les choses changent », malgré qu’il se sente parfois seul dans son combat. Heureusement, il sait qu’une relève lui succédera dans sa bataille pour mieux prendre soin des enfants. « Je sais aussi que la population est derrière moi, et ça, c’est inestimable, c’est ce qui me permet de croire que des changements sont possibles ».
Pour ce faire il faut que toutes les sphères de la société s’engagent dans le mieux-être des enfants. « Ce que j’aimerais, c’est que tous les parents aient et signent la convention des droits de l’enfant ». Il faut un plan d’action, et des outils pour remobiliser la société autour des enfants, estime celui qui travaille depuis plus de 40 ans à briser l’isolement, à la fois des enfants et des pratiques sociales et médicinales de l’enfance.
Convention des droits de l’enfant : http://www2.ohchr.org/french/law/crc.htm
Gabrielle Brassard-Lecours