Montréal-Nord

Nouvelle étude sur le sous-financement des organismes de Montréal-Nord

Nouvelle étude sur le sous-financement des organismes de Montréal-Nord
Les organismes de Montréal-Nord « peinent à répondre » aux besoins d’une population vulnérable

Les organismes communautaires de Montréal-Nord sont sous-financés en comparaison avec ceux des autres arrondissements de Montréal, selon une étude commandée par l’administration nord-montréalaise. Cela s’expliquerait notamment par un clivage historique entre les nouveaux et anciens arrondissements de Montréal pour le mode de financement des organismes.

Ce « lourd constat », selon la mairesse de l’arrondissement, Christine Black, se base sur plusieurs analyses et comparaisons qui tiennent compte entre autres du niveau de défavorisation de Montréal-Nord, du nombre d’organismes qui y œuvrent et du financement que ces derniers reçoivent pour leur mission de base.

« En retournant à une analyse par dollar de financement, Montréal-Nord fait partie des arrondissements où le financement de la mission par personne à faible revenu est le plus faible », peut-on y lire.

L’étude met particulièrement en lumière les deux principaux bailleurs de fonds qui s’occupent de subventionner les organismes. En comparaison avec les autres arrondissements, Montréal-Nord se retrouve en milieu de peloton pour le financement accordé par Centraide. Il est toutefois en queue de peloton sur la liste du Programme de soutien financier aux organismes communautaires (PSOC), géré par le Ministère de la Santé et des services sociaux. Cette situation est déplorée en raison des besoins élevés de la population de Montréal-Nord, plus défavorisée que la moyenne.

Le Centre des jeunes l’Escale avait réalisé une première étude en 2018 en se concentrant sur trois arrondissements. Celle-ci présentait des conclusions similaires. L’administration Black a par la suite décidé de produire une plus grande étude pour se comparer à tous les arrondissements montréalais.

« Enfin, ça nous donne un argumentaire solide pour aller défendre notre positionnement, se réjouit la directrice du Centre des jeunes l’Escale, Sophie Laquerre-Duchesne. Le fait qu’on n’ait pas de mission de base solide nous empêche de nous développer », poursuit-elle.

Mme Laquerre-Dufresne soulève que les organismes de Montréal-Nord peinent à répondre aux besoins de sa population.

Un clivage historique entre arrondissements

On y apprend qu’il existe un écart entre l’offre des organismes communautaires dans les arrondissements qualifiées « d’anciennes banlieues », comme Saint-Laurent et Montréal-Nord, et celle des arrondissements de l’ancienne Ville de Montréal, tels que le Plateau Mont-Royal et Ville-Marie.

Ces organismes de l’ancienne ville reçoivent un financement qualifié de « nettement supérieur » par rapport à ceux des anciennes banlieues.

« Les personnes à faible revenu résidant dans les arrondissements de l’ancienne Ville ont accès à des organismes disposant d’un financement de la mission nettement plus élevé, en moyenne. »

Des facteurs historiques de répartition du financement seraient à l’origine de cette disparité. La distribution de l’argent n’aurait « pas suivi l’évolution des réalités sociales et économiques des dernières décennies. »

Centraide accueille l’étude

« D’avoir ce genre de portrait-là, on trouve ça super intéressant, soutient le vice-président développement social de Centraide du Grand-Montréal, Mario Régis, en réaction à l’étude. Ça nous permet d’avoir un regard critique qu’on accepte. »

« Centraide est une des rares fondation à pouvoir accorder une portion importante de son portefeuille dans le financement de base des organismes communautaires, ajoute M. Régis. Est-ce qu’on le fait à la bonne hauteur? C’est sûr qu’on pourra vous dire qu’on pourrait faire mieux. Est-ce qu’il y a des iniquités à corriger dans certains quartiers? Assurément. »

M. Régis croit que le défi est de trouver l’équilibre idéal entre un financement pérenne et flexible. « On veut à la fois soutenir les organismes dans la durée, parce que l’effet se fera avec la durée, mais la pauvreté bouge sur le territoire », souligne-t-il.