Montréal-Nord

Génération Inclusion: des jeunes mènent une recherche pour comprendre la discrimination

Tanya-Michelle Contente, Cynthia Guevara et Cliff Belleus participent au projet Photo: Anouk Lebel/Métro Média

Les stéréotypes racistes et sexistes, Tanya-Michelle Contente, Cynthia Guevara et Cliff Belleus en ont déjà été témoins ou en ont été victimes. Déterminés à agir, ces jeunes de Montréal-Nord participent à un projet de recherche avec Oxfam-Québec pour documenter le phénomène en milieu de travail au Québec.

« Le racisme fait partie de mon quotidien depuis que je suis petit, raconte Cliff Belleus. J’ai perdu des occasions d’emploi à cause de ma couleur de peau. Je le voyais bien. Au téléphone, ils étaient vraiment excités de me rencontrer. En personne, l’énergie était complètement différente. »

Depuis un an, le jeune homme d’origine haïtienne planche avec sept jeunes de Montréal-Nord et de Lotbinière sur une enquête sur les stéréotypes et la discrimination en emploi, dans le cadre du projet Génération Inclusion. Celui-ci est piloté par Oxfam-Québec en collaboration le Carrefour jeunesse emploi Bourassa-Sauvé et le Carrefour emploi Lotbinière.

« Le sondage est venu confirmer que tout ça, la discrimination, le racisme, ça existe encore », remarque-t-il.

Des résultats qui frappent

Les jeunes se rencontrent sur Zoom deux vendredis par mois pour échanger.

« C’est nous qui avons composé les questions du sondage avec l’aide de chercheurs universitaires, d’Oxfam-Québec et de professionnels du milieu », explique Cynthia Guevara.

En tout, 111 personnes de Montréal et de la MRC de Lotbinière ont répondu au sondage et 108 réponses ont été analysées. Les jeunes ont pu constater que les personnes immigrantes et s’identifiant à des minorités visibles vivent souvent de la discrimination, à Montréal comme en région.

Mais à la grande surprise des apprentis chercheurs, l’enquête a permis de recueillir bien plus que des chiffres. « Il y a eu tellement de témoignages, s’étonne encore Cynthia Guevara. Ça montre que les gens voulaient se confier, vider leur sac, parce que ce n’était pas du tout obligatoire. »

Une personne a par exemple indiqué s’être souvent fait dire que les latinas étaient souvent « chaudes », plus sexuellement actives, un stéréotype qui n’est pas étranger à la jeune femme, elle-même d’origine salvadorienne.

« C’est ça un stéréotype, c’est un moyen de mettre tout le monde dans un sac. Ça peut être blessant », souligne-t-elle.

De la recherche à l’action

La recherche complétée, les trois jeunes sont déterminés à agir pour combattre les stéréotypes.

Cela passera par des rencontres avec des organismes et des élus, mais, surtout, par des ateliers de sensibilisation auprès des plus jeunes, dans les écoles de Montréal-Nord.

« Les stéréotypes, il y en a dans notre vie quotidienne et on les ignore plus souvent qu’autrement. Il faut agir, sensibiliser la relève par rapport à ces préjugés  », souligne Tanya-Michelle Contente. Nerly Michel, qui a aussi participé au travail de recherche, sera également des ateliers et des rencontres avec les élus.

Pour faire ce travail d’éducation, les quatre jeunes devront continuer à faire leur propre travail d’introspection. Après tout, personne n’est imperméable aux biais inconscients.

« Des biais inconscients, tout le monde en a. L’idée, c’est de les reconnaître », conclut Cliff Belleus.

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