Montréal-Nord

Des épiciers frappés par la vague Omicron

Roberto Natale
Le président de la Charcuterie Noël, Roberto Natale, a dû se résoudre à fermer le comptoir des viandes pendant quatre jours, durant la période des Fêtes. Photo: Anouk Lebel/Métro

La vague Omicron frappe de plein fouet le secteur de l’alimentation. Certaines épiceries doivent composer avec un fort taux d’absentéisme en raison de la hausse fulgurante des cas de COVID-19, qui affecte aussi les secteurs de la transformation et de la distribution alimentaire.

Pour la première fois en plus de 40 ans d’existence, la Charcuterie Noël, à Montréal-Nord, a dû fermer son comptoir de viande pour quatre jours, pendant le temps des Fêtes.

«On a passé proche de fermer le magasin au complet», laisse tomber Roberto Natale, président de cette institution du nord-est de Montréal.

Lui-même atteint de la COVID-19, il a dû se mettre en isolement pendant dix jours, tout comme douze de ses employés. «C’est le quart de mon personnel, c’est énorme. Heureusement, tout le monde s’en bien tiré, c’est ça qui est important.»

Des employés sont tombés au combat. On a fermé le département des viandes pendant quatre jours. Je n’ai jamais vu ça en 42 ans.

Roberto Natale, président de la Charcuterie Noël.

Fermé les dimanches

Pour donner un peu de répit aux commerçants, Québec impose de nouveau la fermeture des commerces le dimanche et ce, au moins jusqu’au 23 janvier. Une mesure qui ne change pas grand-chose pour la Charcuterie Noël, outre faire baisser les revenus.

«Mes employés ne travaillaient pas plus de cinq jours d’affilée avant. Ils ne se reposent pas plus qu’avant, soutient M. Natale. C’est sûr qu’on perd des ventes. On ne les récupère pas sur les autres jours pour l’instant.»

Pour Ali Mawassi, gérant du Marché Tradition de la rue Charleroi, ce répit est toutefois bienvenu.

«Mon frère et moi, on faisait des semaines de 70, 80 heures avec la pénurie de personnel. Ça nous fait une journée de congé et on n’a pas de concurrence, les autres épiceries sont fermées», souligne-t-il.

Il ajoute que la réduction de la période d’isolement de 10 à 5 jours l’aide à traverser la vague. M. Natale croit aussi que cela aidera si d’autres employés tombent malades.

Des trous sur les tablettes

Selon le spécialiste en agroalimentaire, Sylvain Charlebois, la vague Omicron «frappe fort, rapidement et tout en même temps».

«C’est l’ensemble de la chaîne alimentaire qui est affectée», explique le directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie.

Il croit que cela peut faire en sorte que certains produits soient absents des tablettes dans les prochains jours.

«Il y a des ruptures d’inventaire de façon sporadique, un peu partout au pays. Il ne manquera pas de nourriture, mais il y aura des trous sur les tablettes une fois de temps de temps.»

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