Montréal-Nord

Une antenne du CAMÉÉ à l’îlot Pelletier

Jean-Nicolas Ouellet et Hamid Khaldoun.
Jean-Nicolas Ouellet et Hamid Khaldoun veulent intervenir de façon non intrusive et dans la bienveillance. Photo: Anouk Lebel/Métro

Le Centre d’activités pour le maintien de l’équilibre émotionnel (CAMÉÉ) de Montréal-Nord a désormais un pied à terre à l’îlot Pelletier, pour aider les gens à rester dans leur appartement. Une initiative de la députée de Bourassa-Sauvé, Paule Robitaille, qui espère voir un tel service se développer pour d’autres logements sociaux de la province.

«Notre mission est d’accompagner les personnes qui ont des problèmes de tout ordre, peu importe la situation qu’ils vivent», explique Hamid Khaldoun, bien calé dans une chaise du nouveau local, derrière la porte 305 d’un des immeubles de la Société d’habitation de l’Est de Montréal (SHAPEM) de l’avenue Pelletier.

Son bureau se trouve tout près de l’espace salon, mais il n’a pas l’intention d’y passer beaucoup de temps. Issu d’une famille de sociologues, il espère surtout que les gens viendront se confier à lui dans le sofa et le fauteuil qui viennent d’être installés.

Son rôle consistera à les orienter vers différentes ressources. Il pourra par exemple les aider à prendre rendez-vous pour des soins de santé, trouver une compagnie pour faire le ménage de leur logement avant une extermination, ou encore téléphoner au Centre d’action bénévole de Montréal-Nord pour remplir une déclaration de revenus.

«Le but, c’est d’ouvrir des portes qu’ils ne connaissaient pas», résume-t-il.

Je voudrais que ça devienne un lieu d’amitié pour les gens, qu’ils sachent qu’ils peuvent venir me voir, ne serait-ce que pour discuter dix minutes, quand ils ont un souci.

Hamid Khaldoun, agent de liaison pour CAMÉÉ à l’îlot Pelletier

Donner les moyens

L’organisme Paroles d’excluEs est installé dans le même immeuble, où la SHAPEM fait aussi des interventions, mais CAMÉÉ aura un rôle complémentaire, souligne le directeur général de l’organisme Jean-Nicolas Ouellet.

«On parle de personnes qui sont démunies. Elles ont l’impression de ne pas avoir les moyens. Le travail d’Hamid, ce sera de trouver qui peut leur donner les moyens pour s’en sortir, à court terme, mais surtout à moyen et à long terme. La perspective, c’est d’être bien chez soi», explique-t-il.

Après plus de deux ans de pandémie et l’isolement que cela implique, un tel service est d’autant plus crucial, selon lui.

Une initiative à pérenniser

Cette nouvelle ressource est une initiative de la députée de Bourassa-Sauvé, Paule Robitaille.

Ex-porte-parole de l’opposition officielle en matière d’itinérance, elle déplore que le gouvernement finance peu le maintien en logement. S’il existe des ressources pour une période définie dans le cadre des programmes de soutien au loyer, les gens sont très vite laissés à eux-mêmes, soutient-elle.

«Autant au centre-ville de Montréal que dans Bourassa-Sauvé, j’ai vu des gens qui étaient dans la rue qui auraient pu garder leur logement avec du soutien communautaire, explique l’élue libérale, en entrevue téléphonique. S’ils n’ont pas d’encadrement, les gens qui ont des problèmes de santé mentale vont se déstructurer et retomber dans la rue.»

Le bureau de circonscription finance le projet à hauteur de 40 000$, soit environ les trois quarts du salaire de l’intervenant pour un an.

Mme Robitaille espère qu’il sera pérennisé par la suite et que l’idée fera des petits ailleurs dans la province.

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