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Utiliser le vélo pour parler de la violence conjugale

Le défi de vélo que s’est lancé Caroline Paradis a été sa manière de se reconstruire après qu'elle eut vécu plusieurs épisodes de violence conjugale. Photo: Gracieuseté, Caroline Paradis

La cycliste Caroline Paradis a saisi l’occasion que représente la campagne 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes pour briser plusieurs tabous autour de la violence conjugale, notamment dans les formes qu’elle peut prendre, en racontant sa propre expérience et le parcours de 4200 kilomètres de vélo qu’elle a réalisé en 2021 afin de se reconstruire.

La violence conjugale que j’ai vécue n’était pas physique. J’aurais préféré être victime de violence physique, comme ça, j’aurais pu le percevoir plus rapidement. J’ai voulu avant tout renseigner la population à propos de la violence conjugale quotidienne et insidieuse, somme toute absente des médias en faveur des types de violence physique ou sexuelle. Je voulais surtout montrer que les comportements de violence dans un couple existent au-delà des coups.

Caroline Paradis, cycliste ayant créé le défi Caro à vélo

Celle qui a présenté la conférence Explore ton courage le 28 novembre à Montréal-Nord précise que les petits gestes de violence, comme l’humiliation ou le rejet lors de conversations, s’accumulent pour parfois se terminer en féminicides lorsqu’ils ne sont pas abordés. C’est justement grâce à cette volonté de se prendre en main que Mme Paradis s’est lancée dans un défi de vélo qui a profondément changé sa vie.

Pédaler pour se retrouver

«Le défi Caro à vélo m’est venu intuitivement pour être capable de finaliser ma propre guérison et briser le silence autour de la violence conjugale. Ce défi de 4200 km de vélo en 42 jours visait à me replonger dans un contexte difficile pour utiliser ma voix pour parler de mes frustrations, de mes aspirations et de ce que je ressentais», poursuit la cycliste.

Pour elle, ce défi servait aussi à faire rayonner les maisons d’hébergement pour femmes, notamment Le Chaînon, qui l’a aidée lorsqu’elle s’est séparée de son conjoint violent et lui a donné le courage d’entreprendre ce long périple.

Après avoir fait de multiples arrêts, la cycliste raconte que le chemin parcouru sur la route 167 jusqu’à Chibougamau a été des plus ardus et significatifs. «Cette expérience de mon aventure a été extrêmement difficile et je voulais le faire pour être solidaire avec les femmes victimes de violence conjugale, surtout en milieux éloignés.»

Expérience agréable à Montréal-Nord

La cycliste est très ravie de son passage à Montréal-Nord et de la participation des gens présents à sa conférence. Après discussion avec le Centre des femmes interculturel Claire de Montréal-Nord, elle compte revenir après les Fêtes pour discuter davantage de violence conjugale, enjeu qui touche beaucoup de femmes dans cet arrondissement.

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