Difficile de trouver un logement social à Montréal-Nord
Mohamed Zahed est arrivé à Montréal il y a quatre ans avec ses trois enfants et sa femme. Établi à Montréal-Nord, M. Zahed attend patiemment que sa demande pour un logement social soit traitée. Alors que la famille vivait jusque-là dans un 4 et demi, M. Zahed souhaitait emménager dans un logement plus grand, compte tenu de l’âge de ses enfants, qui sont adolescents. En attendant d’avoir accès à son logement social, M. Zahed emménage dans un 5 et demi au prix de 780 $. Mais voilà l’attente est longue et le prix du loyer est élevé pour une personne qui est sur l’aide sociale.
« Je pensais que j’allais avoir un logement le plus rapidement possible. Mon 4 et demi me coûtait 680 $. Si j’avais su que ça prenait autant de temps, je n’aurai pas changé de logement. Avant j’étais inspecteur en bâtiment, mais ensuite je suis tombé au chômage. Quand j’ai changé de logement, j’étais vraiment optimiste. Je pensais avoir rapidement un logement social. Pour une personne qui est sur l’aide sociale, c’est très difficile de payer 780$ par mois pour un loyer. Un logement social coûte environ 375 $ pour un 5 et demi », commente M. Zahed.
Conscient de la difficulté de se trouver un logement social, M. Zahed, milite pour la cause des logements sociaux. Membre du Comité logement de Montréal-Nord et militant au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), il espère que le gouvernement fédéral ne mettra fin aux subventions pour les logements sociaux.
« Avec le FRAPRU, je me suis déplacé à Ottawa pour manifester. Je trouve qu’il faut que l’on réagisse à ce que propose le gouvernement, ce qui n’est vraiment pas correct à mon sens », affirme M. Zahed.
Les coopératives d’habitation en danger
Claudette de Carufel est présidente d’une coopérative d’habitation de la rue Charleroi, à Montréal-Nord. Sa coopérative comprend 27 logements dont 13 sont occupés par des personnes qui reçoivent des subventions.
Adepte de ce mode de logement, Mme de Carufel a souhaité embarquer dans une coopérative il y a plus de 20 ans, pensant que c’est une façon d’engager les locataires et d’être une alternative au privé. Seulement, la situation annoncée par le fédéral la fait craindre le pire.
« Les coupes du fédéral se terminent dans la prochaine décennie. Mais 10 ans, dans le monde de l’habitation, c’est comme si c’était demain. Les personnes dans le besoin vont perdre leur subvention et à ce moment-là, le seul revenu qu’on aura, ce sera les loyers. Ce qui veut dire qu’il faudra les augmenter à un prix exorbitant si on veut pouvoir assurer les réparations, payer l’hypothèque, etc…»,dénonce Mme de Carufel.
Sylvain Brisebois, est locataire de cette coopérative d’habitation depuis 1995. Alors que celui-ci reçoit de l’aide sociale, il avoue que vivre dans ce genre de logement lui permet de s’en sortir. Grâce à son statut de membre de la coopérative, M. Brisebois reçoit 200$ de réduction pour son loyer et une subvention du provincial. Ainsi il vit dans un 4 et demi chauffé à 271 $ avec sa famille.
« Avant je travaillais dans l’imprimerie, mais il y a eu des coupes. Alors je me suis retrouvé sur l’aide sociale. Quand on n’a pas toute sa scolarité, c’est difficile de reprendre des cours et de suivre des formations, ça coûte cher. Avec l’habillement des enfants, l’école, ce sont des frais importants. Si je devais me loger dans le privé, je ne serais pas capable. Le plus important pour moi, c’est d’avoir un toit et de bien se nourrir », souligne M. Brisebois.
Avec les retraits des subventions annoncées par le gouvernement fédéral, M. Brisebois craint que les loyers dans les coopératives d’habitation augmentent.