La crise du logement social à Montréal-Nord
Les ententes de longue durée du fédéral en ce qui concerne l’aide fédérale versée pour les logements sociaux au Québec arrivera à échéance au début des années 2020, selon le FRAPRU, qui indique que lorsque l’hypothèque sur l’immeuble sera payée, le fédéral se retirera entraînant ainsi, des hausses de loyer importantes.
« À Montréal-Nord, ces pertes de subventions vont avoir un impact sur 426 HLM, 500 logements en coopérative d’habitation et 523 personnes en logement privé qui reçoivent une subvention. Avec ces pertes de subvention, on pourrait constater une hausse du loyer, une perte de logement, parce que si une personne ne peut plus se loger, elle va perdre son logement, ainsi que des difficultés financières pour les coopératives d’habitation qui n’auront pas assez d’argent pour effectuer leur travaux de réparation », évoque Marie-Ève Lemire, coordonnatrice au Comité logement de Montréal-Nord.
Tout comme le FRAPRU, le Comité logement de Montréal-Nord souhaiterait bénéficier de 1278 logements supplémentaires dans le quartier dans les cinq prochaines années. Dans un quartier où les salaires sont moindres, une grande majorité de personnes versent plus de 30 % de leur revenu dans leur loyer.
« C’est difficile pour les familles, les personnes seules, les étudiants, les gens au salaire minimum ou sur l’assurance sociale, qui tentent de se trouver un logement. À la fin du mois, quand ces personnes ont payé leur loyer, il ne leur reste plus grand-chose »,
démontre Mme Lemire.
L’avis des propriétaires du Québec
Pour l’Association des propriétaires du Québec (APQ), la croissance des loyers dans Montréal-Nord sera modérée, car le taux d’appartements vacants dans le quartier est assez élevé, soit un taux de 3,9 % en 2013. Le prix d’un 4 et demi est en moyenne de 613 $ par mois à Montréal-Nord comparativement à 708 $ pour l’ensemble de Montréal.
Selon l’APQ, il faudrait davantage privilégier l’aide à la personne plutôt que de vouloir construire d’autres logements sociaux.
« Pour nous, la situation idéale, c’est de permettre au locataire de se loger là où il le désire en comblant ses besoins financiers grâce à un chèque pour l’aider à se loger. Cela permet aussi d’assurer une mixité sociale dans les quartiers. En créant davantage de logements sociaux, on vient compétitionner l’argent du gouvernement avec l’industrie privée et on restreint le choix du lieu de logement du locataire », décrit Martin Messier, président de l’Association des propriétaires du Québec.