Le développement scolaire à Montréal-Nord: période 1915 – 2000
En quelques années, il a fallu non seulement construire de nouveaux établissements mais les autorités ont été dans l’obligation de louer temporairement des immeubles pour répondre aux besoins de plus en plus pressants. Retracer les origines de chacune des écoles et suivre son cheminement tout au long des années est un défi plein d’embûches. Si les écoles pouvaient parler, elles en auraient des incidents à relever et des anecdotes à raconter!
En cherchant à les découvrir, on a l’impression qu’on a voulu les faire taire, tant il est vrai qu’elles pouvaient livrer des secrets qui auraient pu mettre des gens dans l’embarras. Quelques écoles ont été démolies, plusieurs ont changé de vocation, d’autres ont été transformées, tandis qu’un bon nombre ont perdu leur nom d’origine. Il en est même qui n’avaient aucunement l’apparence d’une école puisqu’il s’agissait de bâtiments qui devaient servir d’entrepôts ou d’immeubles commerciaux et que l’on a tenté de maquiller pour en faire, rapidement et tout particulièrement, des établissements d’enseignement secondaire.
Des écoles ont été fermées temporairement pour retrouver leur vocation première au bout de deux ou trois ans. Comme le réseau scolaire montréalais comptait deux secteurs, français et anglais, il est arrivé, de temps à autre, que des écoles, pour répondre à des besoins plus urgents, changent de clientèle et reçoivent une nouvelle appellation. Dans d’autres cas, le bâtiment a été transformé ou plus rarement démoli. Et l’enseignement privé y a trouvé son compte puisqu’il a loué ou acquis des écoles qui devaient fermer dans certains quartiers. Au moment d’une nouvelle affectation, des écoles ont reçu une nouvelle appellation et ont perdu leur nom d’origine sans jamais le retrouver.
Des écoles ont participé activement à la vie communautaire. On y a tenu des soirées de bingo et elles ont servi à accueillir des spectacles de tous genres: chant, théâtre, cinéma, etc. Elles ont aussi servi à la pratique de différents sports et c’est le lieu où souvent, le service des loisirs de la paroisse y a organisé ses différentes activités. On ne peut s’empêcher de souligner que plusieurs écoles ont participé activement à la vie religieuse de la communauté. Très souvent, l’inauguration de l’école a précédé la consécration de l’église. Une fois la fondation de la paroisse autorisée, il fallait un certain temps pour qu’enfin toutes les étapes soient franchies et qu’on entreprenne enfin la construction du nouvel édifice. Pendant ce temps, les fidèles devaient accomplir leurs devoirs religieux. Si la maison d’un paroissien pouvait servir à l’occasion de lieu de culte, c’est la salle de l’école qui accueillait les fidèles le dimanche ou au moment de grandes cérémonies. Ces dernières écoles en auraient davantage à dévoiler, car en plus d’avoir entendu le babil des enfants et le chant des fidèles, elles ont, en certains cas, entendu les confidences de pénitents qui confessaient au prêtre leurs péchés, à Noël ou à Pâques. Si les murs de ces écoles avaient des oreilles, ils étaient heureusement sans voix!
L’école secondaire Henri-Bourassa a vu le jour en 1967. Cependant c’est à Calixa-Lavallée qui a été la première polyvalente, en 1969 – avec plus de 3 000 élèves – à Montréal-Nord et à la Commission des Écoles catholiques de Montréal, en même temps que la polyvalente Édouard- Montpetit. Henri-Bourassa est devenue polyvalente en 1975 après que ses élèves eurent fréquenté Calixa-Lavallée, pendant au moins un an, selon un double horaire, soit pendant toute la durée du réaménagement.
La première polyvalente au Québec est la Polyvalente Gérard-Filion, de la Régionale de Chambly.