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Du Sault-au-Récollet à Montréal-Nord

Comme celle de la presque totalité des municipalités du Bas-Canada, l’histoire municipale du Sault-au-Récollet, si l’on excepte l’institution des capitaines de milice qui remonte au régime français, commence peu de temps après la promulgation le 29 décembre 1840 par le gouverneur Sydenham et le Conseil spécial de deux textes de loi : « … l’Ordonnance pour pourvoir à et régler l’élection et la nomination de certains officiers dans les différentes paroisses et townships de cette province, et pour faire d’autres dispositions concernant les intérêts locaux des habitants de ces divisions de la province ainsi que l’Ordonnance qui pourvoit au meilleur gouvernement intérieur de cette province, en établissant des autorités locales et municipales en icelle ».

Deux proclamations royales, celle du 15 avril et celle du 30 juillet 1841, rendront effectives ces deux ordonnances. La première proclamation divise le territoire en 22 districts municipaux à l’exception des villes de Québec et de Montréal ainsi que de leurs paroisses respectives (qui correspondent civilement  aux circonscriptions ecclésiastiques de Notre-Dame-de-Québec et de Notre-Dame-de-Montréal). Elle fixe la composition de ces districts. Ainsi, la paroisse de la Visitation-du-Sault-au-Récollet appartient à la municipalité du district de Montréal. Cette municipalité comprend l‘île de Montréal, l’île Perrot et, à l’exception de l’île Bizard, toute la partie de la province située entre le fleuve Saint-Laurent, une section du lac Saint-François et la grande rivière des Outaouais, qui divise le Haut et le Bas-Canada.

Selon la proclamation du 20 juillet 1841, le conseil de la municipalité du district de Montréal se compose de 20 conseillers répartis de la manière suivante : un conseiller pour les paroisses de la Visitation-du-Sault-au-Récollet, de Saint-François-d’Assise-de-la-Longue-Pointe, de Saint-Joseph-de-la-Rivière-des-Prairies, de Saint-Enfant-Jésus-de-la-Pointe-aux-Trembles, de Saint-Joachin-de-la-Pointe-Claire, de Saint-Anne-du-Bout-de-l’île, de Sainte-Geneviève, de Saint-Laurent, de Saint-Michel-de-Lachine (appelée aussi les Saints-Anges), de Saint-Ignace—du-Coteau-du-Lac ainsi que pour la seigneurie de Sainte-Jeanne-de-Chantal-de-l’île Perrot, l’union du township de Newton et de son agrandissement; deux conseillers pour les paroisses de Sainte-Marie-Madeleine-de-Rigaud, de Saint-Michel-de-Vaudreuil, de Saint-Joseph-de-Soulanges (communément appelée Les Cèdres) et de Saint-Polycarpe—de-la-Nouvelle-Longueuil.

Par la suite, l’Acte pour abroger certaines ordonnances y mentionnées, et faire de meilleures dispositions pour l’établissement d’autorités locales et municipales dans le Bas-Canada, sanctionné le 29 mars 1845 et entré en vigueur le 1er  juillet de la même année, change en profondeur l’organisation municipale. Nous passons des structures à des municipalités de paroisse ou de canton.

Cette loi donne au gouverneur le pouvoir de créer des municipalités par proclamation royale.

La première proclamation, faite par Metcalfe le 18 juin 1845, entre en vigueur le 1er  juillet de la même année et crée plusieurs municipalités, dont celle de la paroisse de la Visitation –du Sault-au-Récollet, qui existera jusqu’au 31 août 1847. Précisons que la paroisse de la Visitation-du-Sault-au-Récollet n’était pas encore érigée civilement en 1845. Elle ne le sera que le 7 janvier de l’année suivante par une proclamation de Cathcart.

En 1855, l’Acte des municipalités et chemins du Bas-Canada, adopté le 30 mai et entré en vigueur le 1erjuillet, modifie de nouveau la structure municipale en mettant sur place deux niveaux d’administration, soit les municipalités de comté (en fait circonscriptions supra municipales) et les municipalités locales (de paroisse, de village, de canton (township), de canton uni et celles qui n’ont pas de désignation.

Cette loi crée la municipalité de la paroisse de la Visitation-du-Sault-au-Récollet (municipalité locale) qui fait partie de la municipalité du comté d’Hochelaga (circonscription supra municipale). Signalons qu’il ne faut pas confondre la paroisse de la Visitation et la Côte de la Visitation. Cette dernière ne faisait pas partie de la paroisse du Sault-au-Récollet, mais bien de la paroisse de Notre-Dame-de-Montréal. Devenue municipalité le 1er  juillet 1846 sous le nom de La Visitation, elle se situait au sud de la paroisse du même nom, entre autres dans l’actuel quartier de Rosemont.

Entre 1855 et 1915, le territoire de la municipalité de la paroisse du Sault-au-Récollet se réduit par la création de la municipalité de la paroisse de Saint-Léonard-de-Port-Maurice en 1886 ainsi que de celles des villages de Villeray en 1896, d’Ahuntsic en 1897, de Saint-Joseph-de-Bordeaux en 1898, du Sault-au-Récollet en 1910 et de Saint-Michel-de-Laval en 1912. Ce qui en reste se transforme finalement en ville le 5 mars 1915 sous le nom de Montréal-Nord. La municipalité du village du Sault-au-Récollet devient la ville du Sault-au-Récollet le 9 février 1914, cette dernière sera annexée à Montréal le 22 décembre 1916.

Les municipalités des villages de Villeray et d’Ahuntsic sont annexées à Montréal, respectivement en 1905 et 1910. Quant à la municipalité du village de Saint-Joseph-de-Bordeaux, elle devient le village de Bordeaux en 1906 et la ville de Bordeaux en 1907, laquelle est annexée à Montréal en 1910. Enfin, la municipalité du village de Saint-Michel-de-Laval se transforme en ville de Saint-Michel en 1915, laquelle sera annexée à Montréal en 1968.

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