Une marraine pour le dépistage
Pourquoi la communauté haïtienne? La Direction de la santé publique de Montréal (DSP)a établi un portrait des participantes au Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS), et il se trouve que beaucoup de femmes âgées entre 50 et 69 ans issues des communautés haïtienne, arabophone et chinoise n’ont jamais passé l’examen.
C’est pourquoi, depuis le mois de mai, Mme Luly, qui porte officiellement le titre d’agente de planification, développement d’un réseau multiplicateur PQDCS à la DSP, va à la rencontre des femmes d’origine haïtienne dans divers endroits où elles sont susceptibles de se retrouver en grand nombre: salon de coiffure, boulangerie, église, événement public etc.
Plusieurs facteurs expliqueraient la faible participation de ces femmes. « Elles ne connaissent pas bien le programme et ne savent pas que la lettre qu’on leur envoie, c’est une prescription », estime d’abord Mme Luly, qui est médecin de formation en Haïti.
En effet, les femmes admissibles à participer au programme recevait par la poste une lettre d’invitation de la DSP qui peut servir de prescription médicale. Mais plusieurs d’entre elles ne semblaient pas comprendre l’utilité de la lettre. Dès ce mois-ci, la DSP a réajusté le tir en envoyant un document qui ressemble davantage à une prescription, affirme Anne Landry, du Centre de coordination des services régionaux du PQDCS.
Par ailleurs, certaines femmes de ces communautés ne saisissent pas le concept de dépistage. « Si elles n’ont pas de symptômes, elles ne voient pas la nécessité de faire la mammographie », précise-t-elle. D’autres auraient besoin d’être accompagnées pour se présenter au rendez-vous, ce qui rend la tâche plus difficile. D’ailleurs, Mme Luly prévoit organiser des journées d’accompagnement pour accommoder celles-ci.
De nouvelles messagères
En plus de leur expliquer l’importance de la mammographie de dépistage, Mme Luly tente du même coup de recruter des agentes multiplicatrices, c’est-à-dire d’autres femmes qui vont véhiculer le message de prévention.
La DSP souhaite réunir de 40 à 60 agentes multiplicatrices par communauté en leur fournissant la formation nécessaire et de la documentation à distribuer.
Le PQDCS invite les femmes entre 50 et 69 ans à passer une mammographie de dépistage tous les deux ans dans un centre de dépistage désigné. Cet examen est le seul capable de diminuer le risque de décès par cancer du sein.
Pour information: Ligne info-mammo au 514 528-2424. Pour un service en créole: 514 953-1005 et en arabe: 514 336-3733.
Quelques chiffres
-Le taux de participation à la mammographie de dépistage est de 50 % à Montréal-Nord et 38 % à Saint-Léonard
-Ce sont un peu moins de la moitié des femmes à Montréal, soit 45 %, qui ont subi l’examen du Programme québécois de dépistage du cancer du sein.
-La DSP veut réduire de 25 % le taux de mortalité causée par le cancer du sein.