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Des dizaines d’aînés se serrent les coudes

Giguère Claude - TC Media
Près d’une centaine d’aînés de Montréal-Nord et d’Ahuntsic se sont réunis dans le cadre de l’événement Les Apprentis-Sages afin de trouver des pistes de solutions aux problèmes auxquels ils sont confrontés.

Après avoir tracé le Portrait dynamique des aînés des deux quartiers, divers organismes actifs auprès d’eux les ont invités à se rassembler au Centre de jour Angelica, le 9 mai. Près d’une centaine de personnes âgées de plus de 65 ans ont répondu à l’appel. Ils avaient la tâche de se séparer en groupes de discussion et d’aborder les problématiques identifiées dans ce recueil. Des membres de Mise au jeu, une troupe d’intervention théâtrale participative, étaient présents pour animer les discussions.

Le Portrait dynamique des aînés détaille les problématiques et défis auxquels les personnes âgées de ces deux arrondissements veulent s’attaquer dans les mois à venir : l’âgisme, les abus et la maltraitance, la cohabitation et les milieux de vie, le vieillissement à domicile, les défis de l’intergénérationnel et de l’interculturel, la lutte à l’isolement et la vision des aînés en devenir.  

Avant le début des ateliers de discussion, Louise Gingras, organisatrice communautaire au Centre de santé et de services sociaux d’Ahunstic-Montréal-Nord (CSSSAMN), a rappelé aux participants les étapes qui ont été franchies jusqu’à ce jour. « L’isolement et l’insécurité ont été amplifiés chez les aînés à la suite des émeutes sociales de 2008 » a-t-elle dit à propos des résidents de Montréal-Nord, ajoutant que ceux d’Ahunstic avaient identifié, entre autres, des problèmes d’exclusion sociale.

« Aujourd’hui, vous êtes ici pour bonifier le portrait dynamique des aînés et pour amener les gens à participer à l’évolution et aux changements sociaux dans vos quartiers », a ajouté Mme Gingras.

Beaucoup d’aînés

Montréal-Nord compte 16 000 habitants de plus de 65 ans sur une population de 85 000 personnes. À Ahunsticc’est 14 000 aînés pour 78 000 habitants. Pauline Dion, une citoyenne ayant participé à l’organisation de l’événement, a mis en lumière diverses statistiques qui démontrent que leurs conditions de vie ne sont pas toujours faciles. Plus de 30 % d’entre eux a une incapacité motrice, 56 % vit seul, 20 % vit sous le seuil de faible revenu et 60 % des femmes ont des revenus de moins de 20 000 $ par année.

« Pourtant, au provincial et au fédéral, il existe 28 crédits d’impôt différents dont peuvent bénéficier les aînés, mais je ne pourrais même pas vous en nommer deux », a dit Mme Dion.

En fin de journée, Claude Grillot, lui aussi organisateur communautaire au CSSSAMN, semblait satisfait des discussions tout en étant conscient qu’il reste maintenant à se relever les manches pour que cet exercice mène à des gestes concrets.

« D’ici l’automne, des plans d’action concrets seront développés en lien avec les priorités et les besoins identifiés. Nous allons inviter nos partenaires à se mobiliser et décider qui fait quoi. »

M. Grillot donne comme exemple d’actions potentielles la mise en place de groupes faisant la promotion du développement de projets d’habitations pour aînés. « Plusieurs aimeraient avoir d’autres choix que d’aller en résidence privée ou d’acheter un condo et voudraient revendiquer plus d’unités d’habitations pour personnes à faible revenu. » Au chapitre de la sécurité urbaine, une autre préoccupation des aînés, M. Grillot cite l’exemple d’une plus forte participation de leur part à divers comités présents dans l’arrondissement.

« Nous ressortons de cette journée avec des besoins qui ont été encore mieux précisés, et maintenant, nous avons besoin de pousser pour déboucher sur du concret », résume-t-il.

 

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