Un cas trop lourd pour le camp de jour
« Mon été est foutu. J’avais tout organisé en fonction qu’il fréquenterait le camp de jour. J’ai dû le trainer partout avec moi, à tous mes rendez-vous », dit Sandra Joncas sur un ton dépité, dans son modeste appartement du boulevard Langelier.
La mère monoparentale regrette qu’on l’ait avisée à la dernière minute. « Ça a été mal fait. Ils avaient pris notre inscription, ils nous avaient présenté l’éducateur qui devait s’occuper de lui lors de la rencontre d’accueil, et ensuite on nous a cordialement mis dehors. »
Des cas trop lourds
Les camps de jour de l’arrondissement accueillent cet été 401 enfants en groupes réguliers qui sont répartis sur quatre sites, explique Claudel Toussaint, directeur de la culture, des sports, des loisirs et du développement social de l’arrondissement de Montréal-Nord. Parallèlement, 24 enfants qui « nécessitent une attention particulière » sont en mode « accompagnement », ajoute-t-il.
Alors que dans le cas des groupes dits réguliers, le ratio éducateur – enfants est plus souple, il en va autrement des enfants qui nécessitent une attention particulière. Cet été, ces 24 jeunes ont nécessité l’embauche, pour eux seuls, de 17 accompagnateurs. Pour ce qui est de Zachary, et de quatre autres enfants qui se retrouvent dans la même situation que lui, leur cas a été jugé trop lourd, poursuit M. Toussaint.
Mais pourquoi avoir avisé les parents quelques jours seulement avant le début du camp, prévu le 25 juin? C’est le fait que les formulaires que remplissent les parents sont « assez sommaires » et que c’est lors d’une rencontre d’accueil, qui se déroule peu avant le début du camp, qu’il est permis aux responsables de mieux juger de la situation.
« Nos moniteurs ont une formation, mais elle est restreinte. Ces cinq cas dépassent leurs compétences, c’est une question de sécurité », dit M. Toussaint. Mais qu’est-ce qui définit un cas « trop lourd »? « Les enfants que nous accueillons doivent avoir un minimum d’autonomie. »
Entre le moment ou Mme Joncas a été avisée que son enfant ne pourrait pas fréquenter le camp, quelques jours avant le 25 juin, et maintenant, les responsables de l’arrondissement ont d’abord tenté de convaincre la mère d’envoyer Zachary dans un camp spécialisé qui n’est pas situé à Montréal-Nord. Ce qu’a refusé net Mme Joncas. « Moi, je veux l’intégrer avec des enfants normaux. Il a déjà fréquenté ce camp de jour pendant deux années, en 2009 et 2010, et ça avait bien été », martèle la femme.
Par la suite, les responsables de l’arrondissement se sont tournés vers le CLSC, où chacun des cinq enfants en cause est déjà suivi, afin de demander de l’aide ou du renfort. Mais ces démarches ont piétiné, au point où Mme Joncas a baissé les bras et demandé à être remboursée. Elle avait prévu que son fils fréquenterait le camp seulement jusqu’au 27 juillet, mais les embuches qu’elle a rencontrées et les semaines qui se sont écoulées l’ont découragée. Mais pas au point de ne pas tenter de nouveau sa chance l’an prochain. « Oui, je vais de nouveau l’inscrire », conclut-elle.