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Montréal-Nord lieu de développement premier de Montréal

De l’an 1535 à 1642, la rivière des Prairies fut la porte d’entrée des missionnaires, des explorateurs, des aventuriers, vers l’intérieur d’un vaste territoire alors inconnu, les « Indes Occidentes ». Peu à peu, ils pénétrèrent les Grands Lacs, descendent un vaste fleuve, le Mississippi, puis colonisent son entrée, la Nouvelle Orléans. Puis ils voguent sur la vaste mer découverte par Christophe Colomb en 1492: le golfe du Mexique. Montréal-Nord peut être fier des événements des premières heures de la Nouvelle-France survenus sur son territoire. La rivière des Prairies constitue alors la porte d’entrée dans les Indes Occidentales.

Aujourd’hui, le secteur de la rivière des Prairies est énormément riche en lieux de mémoire.

Le patrimoine historique de ces lieux a peu à peu été effacé du conscient des gens. Site de passage en 1535 de Jacques Cartier en route vers Hochelaga, la rivière des Prairies a été le témoin des premiers instants du Canada. Voie principale de canotage des Autochtones avant l’arrivée des Européens, c’est par cette voie qu’en 1603 le commerçant Pont-Gravé, assisté du cartographe de Samuel de Champlain, est entré sur l’île du Mont Royal.

En 1615, une première messe est dite par le père Jamet assisté du père Le Caron, sur les rives de cette rivière. En 1625, le récollet Viel se noie dans l’un des saults, le Gros Sault. De cet incident, le quartier trouve son toponyme: le Sault-au-Récollet. Pendant plus d’un siècle, le Sault constitue la porte d’entrée vers l’intérieur dans un territoire alors appelé les Indes Occidentales. Missionnaires, aventuriers, coureurs des bois, nombre d’entre eux à destination du Mississippi et au-delà, de la Chine et des Indes, y passent et y laissent leur traces. Parmi eux, Samuel de Champlain, Étienne Brulé, Gabriel Sagard, père Le Caron, Jean Nicolet, Pierre-Esprit Radisson, Jacques Marquette, La Vérendrye et d’une multitude d’autres missionnaires, explorateurs et aventuriers. En 1650, le Sault-au-Récollet atteint son apogée. En 1696, le sulpicien Vachon de Belmont y construit un fort, le Fort Lorette, et la dote d’une chapelle, la chapelle de la Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie.

En 1751, une église remplacera la chapelle devenue trop petite. Mais est survenu en 1642 un événement inattendu, sinon par Samuel de Champlain: celui de la fondation d’une petite colonie à place Royale: Ville-Marie. Alors peu à peu le développement de l’île se déplace de la rivière des Prairies à Ville-Marie

Dès 1726, Simon Sicard construit pour les Sulpiciens une digue et un moulin à scie sur la rivière des Prairies. Au fil des ans, des bâtiments industriels finissent par former une enfilade sur la digue. À partir des années 1830, la digue, qui a subi des travaux d’exhaussement, sert également de voie d’accès entre l’île de la Visitation et la rive montréalaise. En 1837, les Sulpiciens, craignant l’abolition du régime seigneurial (effective en 1854), vendent plusieurs de leurs moulins de la seigneurie de Montréal. La digue des Moulins est ainsi cédée à un homme d’affaires, Pascal Persillier, dit Lachapelle fils (1806-1853).

À la suite d’un incendie survenu en 1846, celui-ci fait construire un imposant moulin à farine. D’autres turbines sont installées dans la digue au cours du dernier quart du XIXe siècle afin de répondre aux besoins énergétiques de la production de papier et de carton-cuir.

Le site, pour des raisons de sécurité publique, est vendu à la Dominion Leather Board en 1890, à la Back River Company en 1906, à la Milmount Fibreboards Limited en 1950.

Au total, cinq moulins ont été utilisés à des fins diverses, certains jusqu’en 1970 : moulin à farine, à scie, à clous, à carder et à papier gris appartiennent à divers propriétaires. Des activités industrielles y ont cours jusqu’en 1977. L’industrie fournit du travail aux villageois en plus de produire des objets utiles de toutes sortes. Puis, les moulins et les usines sont alors détruits. Seule la maison du meunier est conservée.

La Ville de Montréal devient propriétaire de la digue en 1981. C’est en 1998 que la firme d’architecture et design urbain Daoust Lestage réalise l’aménagement actuel de la digue, mettant en valeur les vestiges industrie. Cité Historia gère le musée d’histoire du Sault-au-Récollet et le Bistro des Moulins, tous deux situés dans la maison du Meunier. De nos jours, Sault-au-Récollet est un district de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, à Montréal. La Ville de Montréal a constitué l’ancien village du Sault-au-Récollet comme site du patrimoine.

 

 

 

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