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La Maison historique Andegrave

Tout a commencé par un coup de foudre. Le docteur John B. Xenos, s’était acheté un terrain au bord de l’eau, à Rivière-des-Prairies, avec l’intention d’y construire la maison de ses rêves. En circulant sur le boulevard Gouin, le couple remarqua une vieille maison de pierres de 227 ans menacée de démolition. En octobre 1969, le couple Xenos acquit la maison de Pierre Scott, qui l’habitait depuis cinq ans.

Soucieux de respecter l’architecture, les Xenos entreprirent immédiatement des démarches pour faire classer la maison « monument historique » afin d’obtenir l’expertise du ministère des Affaires culturelles lors des travaux de restauration. Cette reconnaissance leur fut accordée le 29 juillet 1970.

Située au 5460, boulevard Gouin Est, dans les limites de Montréal-Nord, la maison Drouin-Xenos fut construite en 1742 pour Pierre Andegrave, d’où le nom de « maison Andegrave ».

C’est une résidence d’inspiration française. Elle est représentative de la maison rurale.  Ce genre est issu du savoir-faire et de modèles français qui ont été progressivement adaptés aux conditions particulières du pays (climat, disponibilité des matériaux) et à certaines influences stylistiques.

La maison Andegrave présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La demeure en pierre de plan presque carré, à deux étages et demi, présente un solage bien dégagé et est coiffée d’un toit à deux versants légèrement retroussés. La valeur architecturale de la maison Andegrave repose aussi sur l’intégrité de son intérieur. Elle conserve plusieurs éléments exceptionnels propres aux intérieurs des maisons rurales du XVIIIe siècle. Elle compte, en effet, un foyer, un évier de pierre, un mur de refend, un plafond à poutres apparentes, un escalier de bois ainsi qu’un four à pain à voûte, aussi appelée chambre de cuisson, en forme de chapelle au sous-sol.

La maison Drouin-Xenos se dresse sur un terrain de 9700 pieds carrés mesurant 90 pieds de front (70 à l’arrière) sur 140 de profondeur. Ce terrain occupe la partie nord-est de la concession d’origine, qui s’étendait sur trois arpents vers l’ouest, et allait du fleuve à l’actuel boulevard Industriel dans l’axe nord-sud.

Les recherches de John B. Xenos ont permis de retrouver au greffe de Charles-François Caron, notaire royal, le marché de massonne signé le 18 avril 1741 par Andegrave et le maître maçon Pierre Allé (Hallé), de la côte Saint-Michel. Ce marché indiquait les volontés d’Andegrave : une maison en pierre carrée de 30 pieds de côté ; des murs pignons de 17 pieds de hauteur ; deux murs de refend, le plus court étant perpendiculaire à l’autre ; trois foyers. Le même marché précisait l’obligation de terminer les travaux au mois de juin de l’année prochaine, donc en juin 1742, et qu’en guise de paiement, Andegrave s’engageait à livrer à Hallé deux paires de bœufs de tine évaluées à 150 livres, ainsi qu’une somme de 60 livres.

En fait, la maison mesure 30 pieds sur 27, les murs les plus longs se trouvant dans l’axe du boulevard Gouin. L’épaisseur des murs en pierre des champs varie de 42 pouces au sous-sol à 24 pouces dans la partie supérieure. Le mur sud, où se trouve l’entrée principale, est recouvert de crépi depuis aussi longtemps qu’on puisse se souvenir. La façade est tournée vers le sud, donc vers la terre d’antan. On disait jadis « façade agricole ».

Le terrain a fait jadis partie d’une terre de trois arpents de front sur 40 de profondeur, cédée le 13 juin 1718 à Pierre Thibault dit L’éveillé (Léveillé) et enregistrée sous le numéro 1120 du terrier de la côte de la Rivière-des-Prairies. Cette terre se trouvait à la « coste Saint-Joseph », à l’extrémité est de la paroisse du Sault-au-Récollet, séparée de la paroisse de Saint-Joseph de Rivière-des-Prairies par l’actuel boulevard Langelier.

Andegrave acquit la terre de Thibault dit L’éveillé le 13 juin 1740. Les propriétaires subséquents de l’actuelle parcelle de terrain furent François Andegrave (10 juillet 1824), Joseph Andegrave dit Champagne (28 décembre 1825), Paul Meilleur (14 août 1852), Ovila Brignon dit Lapierre (30 janvier 1918), Mike Dorick et Barbara Bodak, son épouse (31 octobre 1939), Aron Witman (15 mai 1953), Joseph Bela Woliner (4 décembre 1953), Khedouri Meer Lawee et Ezra M. Lawee (23 décembre 1953) – la valeur de la propriété est passée de 42 000 $ à 105 000 $ entre le 15 mai et le 23 décembre 1953, Fredmir Corp. (3 mai 1956), Cité de Montréal-Nord (6 août 1962), et Pierre Scott (29 novembre 1965).

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